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Stigmatisation des Swahiliphones : la CENCO invite le gouvernement à prendre ses responsabilités

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Les évêques de la CENCO au sortir de leur échange avec le chef de l'État Félix Tshisekedi [ Photo d'illustration]
Les évêques de la CENCO au sortir de leur échange avec le chef de l'État Félix Tshisekedi [ Photo d'illustration]

Par Grevisse Tekilazaya 

La Conférence épiscopale nationale du Congo invite le gouvernement à prendre ses responsabilités face à la stigmatisation des Swahiliphones observée ces derniers jours dans la ville de Kinshasa et plusieurs coins de la RDC. Cette implication sollicitée du gouvernement, expliquent les prélats catholique, va permettre d'assurer la protection à toutes les couches de la population congolaise et garantir la cohésion sociale et le bien-vivre ensemble de toutes les races et ethnies en RD Congo.

Dans son communiqué publié ce dimanche, la CENCO invite par ailleurs la population à la compassion et la solidarité envers ces frères et sœurs qui se trouvent forcés par la guerre et l'insécurité de quitter leurs terres, leurs maisons; et à leur offrir l'hospitalité dans nos familles et dans nos lieux sécurisés.

Les évêques en appellent dès lors à la maturité de toutes les communautés qui forment la Nation congolaise, à ne pas se laisser induire en erreur par ceux qui prêchent la division et la chasse aux swahiliphones, aux originaires de l'Est ou aux étrangers, comme expression du patriotisme et voies de la paix pour notre pays.

" La CENCO est d'autant plus indignée de voir certains pasteurs ou «gourous >> exploiter les tribunes de leurs églises et autres cadres de prédication pour tenir des discours qui incitent à la discrimination, à la haine et à la violence contre d'autres congolais et congolaises en raison de leur origine, de leur langue ou de leur morphologie", peut-on lire dans ce communiqué.

Les prélats catholiques rappellent qu'il y a quelques années, où un originaire du Kongo Centrale a été massivement élu Gouverneur et Député National de Goma. " Il en est de même de candidats Présidents de la République, ressortissants de l'Ouest ou de l'Est, qui ont été véritablement élus de part et d'autre. Aujourd'hui, malheureusement, nous connaissons une régression qui ne peut pas nous interpeller", rajoutent-ils"

Enfin, les Evêques tirent ainsi la sonnette d'alarme sur cette ségrégation qui risque d' embraser les conflits intercommunautaires et enfoncer davantage le pays dans les violences.

Dimanche 23 février 2025 - 14:52