Par Prehoub Urprus
La nuit de jeudi à ce vendredi 2 mai 2025 a viré au cauchemar pour de nombreux Kinois. Une pluie diluvienne, accompagnée d’éboulements de terre et d’inondations massives, a semé le deuil et la désolation dans plusieurs communes de la capitale. Le bilan humain s’élève à six morts, dont cinq enfants, et les dégâts matériels sont considérables.
Ngaliema, Mont Ngafula, Kisenso, Kalamu et Limeté ont été particulièrement frappées. À Camp Luka, dans la commune de Ngaliema, la catastrophe a frappé de plein fouet. Le quartier Congo a perdu cinq de ses enfants dans un torrent d’eau incontrôlable. Un habitant, Don De Dieu, au micro de nos confrères de la radio Okapi, témoigne : "Le caniveau venant de Météo était bouché. L’eau a débordé, dévastant les maisons situées en contrebas."
À Mont Ngafula, une fillette de neuf mois a trouvé la mort sous un éboulement. Les glissements de terrain ont arraché toitures et murs, laissant derrière eux des habitations éventrées, parfois abandonnées à la hâte par leurs occupants.
Kisenso, qualifiée de "commune érosive" par son bourgmestre Godé Atshwel Okel, est l’un des points les plus affectés. "Des têtes d’érosion avancent dangereusement. Sept quartiers sont touchés. Des maisons se sont effondrées, et les habitants vivent désormais dans la peur", rapporte-t-il.
Les routes, elles aussi, n’ont pas été épargnées. À Mont Ngafula, les axes stratégiques comme le By Pass et l’avenue Elengesa sont partiellement endommagés. À Ngaliema, l’avenue du Tourisme est devenue difficilement praticable.
Dans le centre-ville comme en périphérie, les inondations ont paralysé la circulation. À Limeté, Kalamu et Kintambo, les artères principales sont submergées. À Kintambo, la toiture d’une salle de fête a été arrachée par des vents violents, blessant deux personnes.
La pluie a également fait tomber les lignes de communication. Dans certaines zones de Ngaliema et Mont Ngafula, le réseau Vodacom est devenu inaccessible. L’entreprise a indiqué qu’une coupure de sa fibre optique, endommagée par les intempéries, en est la cause.
Face à ce nouveau drame climatique, les populations attendent des réponses urgentes : nettoyage des caniveaux, renforcement des infrastructures, et, surtout, une politique d’urbanisation plus résiliente.