Par Prosper Buhuru
La Coordination provinciale de la société civile du Nord-Kivu a publié une déclaration ferme dénonçant ce qu’elle qualifie d’agression rwandaise contre la République démocratique du Congo, tout en rejetant l’annonce conditionnelle de retrait du M23-AFC de la ville d’Uvira.
Dans ce document, la société civile estime que la pression exercée récemment par les États-Unis sur Kigali a conduit les rebelles du M23-AFC à annoncer leur intention de quitter Uvira, une séquence qu’elle présente comme une illustration du lien de dépendance entre ce mouvement et les autorités rwandaises. Elle considère, à ce titre, que toute annonce assortie de conditions est inacceptable sur le territoire d’un État souverain et appelle à un retrait immédiat, total et sans condition.
Tout en saluant la position des États-Unis, la société civile du Nord-Kivu juge les démarches actuelles insuffisantes et plaide pour une pression internationale renforcée et coordonnée. Elle réclame notamment le retrait complet et vérifiable des forces rwandaises du territoire congolais ainsi que le démantèlement du M23-AFC et son départ de toutes les zones occupées.
À l’approche du renouvellement du mandat de la MONUSCO, prévu avant la fin du mois de décembre 2025, la société civile rejette par ailleurs toute option de mandat passif ou strictement observationnel. Elle affirme que la situation sécuritaire actuelle relève du Chapitre VII de la Charte des Nations unies et exige l’application intégrale de la résolution 2773 du Conseil de sécurité, avec un mandat offensif clair, des moyens renforcés et une mission centrée sur la protection des civils et le respect de la souveraineté nationale.
Enfin, la Coordination provinciale interpelle les membres du Conseil de sécurité, estimant que l’inaction équivaudrait à une caution tacite de l’occupation et des violences, et appelle le gouvernement congolais à renforcer la cohésion nationale par une gouvernance responsable et inclusive.
Pour la société civile du Nord-Kivu, la paix ne peut résulter de déclarations de principe, mais d’actes concrets, au premier rang desquels figure l’application stricte et sans complaisance de la résolution 2773.