Préparatifs de Noël à Goma : les familles face aux difficultés financières tentent de garder l’esprit festif malgré la crise

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Les vendeuses de produits alimentaires dans l’un des marchés de Goma [photo d’illustration]
Les vendeuses de produits alimentaires dans l’un des marchés de Goma [photo d’illustration]

Par Gloire Balolage 

À la veille de Noël, les rues de Goma, particulièrement les marchés de Virunga, Birere et celui d’Alanine à Katindo, sont animées par un mélange de frénésie et d’inquiétude. Traditionnellement, cette période est synonyme de joie, de retrouvailles familiales et d’achats pour la fête. Pourtant, cette année, le rythme des préparatifs semble marqué par une certaine retenue, conséquence directe de la précarité économique qui touche de nombreux ménages.

Dans ces marchés populaires, les allées sont fréquentées, mais l’affluence des acheteurs est loin de celle des années passées. Les commerçants de vêtements, jouets et denrées alimentaires constatent une baisse significative de la demande. « Les clients cherchent surtout l’essentiel, moins de cadeaux et de produits de luxe. L’ambiance est moins festive, mais les familles essayent de ne pas laisser Noël passer sans un minimum de préparation », explique un vendeur du marché de Virunga.

Au marché de Birere, un commerçant fait état d’une demande accrue pour les denrées alimentaires de base, alors que les articles décoratifs et les cadeaux sont moins sollicités. « On sent que les gens veulent célébrer, mais la plupart cherchent à faire des économies. Ils préfèrent investir dans la nourriture plutôt que dans les accessoires de fête », analyse-t-il.

La population de Goma ressent fortement les effets d’une crise financière qui pèse sur le pouvoir d’achat. Beaucoup de familles peinent à boucler leurs budgets, ce qui freine la préparation traditionnelle de la fête. Le marché de Alanine, souvent un lieu clé pour l’approvisionnement des familles de Katindo, témoigne d’une activité en dents de scie, reflet des difficultés rencontrées par les habitants.

Pourtant, malgré les contraintes, l’esprit de Noël demeure vivant, notamment pour les enfants. Dans beaucoup de foyers, les parents cherchent à préserver au mieux les traditions, notamment l’achat de petits cadeaux et la préparation des plats festifs. « Noël, c’est avant tout pour les enfants. Même si c’est difficile, je vais essayer de leur offrir quelque chose. Ils me le demandent depuis longtemps et je ne veux pas les décevoir », confie un père de famille rencontré dans le quartier Katindo.

Cette volonté de maintenir la fête à flot se heurte néanmoins à la réalité de nombreuses familles en situation précaire. Une mère de sept enfants et commerçante, exprime avec lucidité les difficultés qu’elle traverse : « Les hommes n’ont plus de travail, nos enfants qui travaillaient aussi sont à la maison. Je fais ce que je peux, mais cette année, Noël sera modeste. Ils auront du riz et des haricots, le foufou au sombé comme toujours. La fête, c’est avant tout la grâce de Dieu. »

Si certains ménages peuvent encore se permettre quelques dépenses, beaucoup sont contraints de réduire leurs ambitions face à la montée des prix et la stagnation des revenus. Les produits de première nécessité sont devenus plus chers, et les loisirs festifs passent au second plan.

Malgré ces difficultés, l’atmosphère reste empreinte d’une certaine résilience. Les familles, même modestes, redoublent d’efforts pour perpétuer les coutumes et transmettre la magie de Noël à leurs enfants. Pour eux, Noël est un moment sacré qui rassemble, même dans la simplicité.

Ainsi, alors que la ville de Goma se prépare à célébrer la naissance du Christ ce 25 décembre, c’est une image contrastée qui se dessine : celle d’une population partagée entre les réalités économiques d’une année difficile et la volonté tenace de préserver l’esprit festif. Noël, au-delà des cadeaux et des décorations, reste pour beaucoup un moment d’espoir, de partage et de foi.

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Mercredi 24 décembre 2025 - 14:50