Par Patrick Kitoko
Le gouvernement congolais veut franchir un nouveau cap dans la mobilisation des recettes en vue de l’élaboration du budget 2027. Le vice-Premier ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, a lancé ce mardi les réunions d’arbitrage destinées à arrêter les prévisions de recettes devant figurer dans l’avant-projet de loi de finances 2027.
Dans son cabinet de travail, Adolphe Muzito, accompagné du vice-ministre du Budget, Élysée Bokumwana, a échangé successivement avec les responsables des ministères des Mines, du Portefeuille, des Transports, de l’Environnement ainsi que des Postes et Télécommunications.
Au cœur des discussions : les moyens à mettre en œuvre pour permettre aux différents ministères générateurs de recettes de dépasser leurs assignations. Une orientation qui s’inscrit dans les objectifs du gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa, avec l’ambition de renforcer les capacités de mobilisation des ressources internes.
La principale innovation annoncée concerne les missions de contrôle sur le terrain. Dans un système fiscal essentiellement déclaratif, le ministère du Budget entend renforcer le suivi des assujettis afin de mieux capter les flux financiers et limiter les pertes de recettes. Désormais, le financement de ces missions de contrôle devrait être directement pris en charge par le Trésor public. Pour les administrations concernées, cette mesure pourrait constituer un levier important pour améliorer leurs performances.
Au ministère des Transports, le secrétaire général a.i., Nicolas Nkan, s’est félicité de cette nouvelle orientation.
« Cette fois-ci, ça sera une première : c’est le Trésor public qui va prendre ça en charge. Et cela nous rassure pour dire que nous allons vraiment faire augmenter les recettes du ministère des Transports », a-t-il déclaré.
Le secteur minier figure également parmi les principaux leviers sur lesquels le gouvernement compte s’appuyer. Le ministre des Mines, Louis Watum, a salué l’engagement du ministère du Budget à renforcer les moyens opérationnels de son secteur. Pour lui, l’augmentation des recettes passe notamment par une présence accrue des services de contrôle sur le terrain, mais aussi par le renforcement de l’Inspection générale des Mines et des capacités de l’administration minière.
« Il faut une forte présence sur le terrain, il faut un inspectorat général des Mines qui est bien outillé, une administration qui est bien outillée », a souligné Louis Watum, estimant que ces moyens sont nécessaires pour « arrêter cette hémorragie ».
Le ministère de l’Environnement, du Développement durable et de l’Économie du climat est lui aussi appelé à contribuer davantage aux recettes publiques. Selon les orientations présentées lors de ces arbitrages, ce portefeuille devrait mobiliser 300 milliards de francs congolais dans le cadre du budget 2027.
Le gouvernement entend notamment miser sur le crédit carbone et une politique plus offensive dans ce secteur, considéré comme disposant d’un important potentiel financier pour la République démocratique du Congo.
Même ambition du côté du ministère des Postes et Télécommunications. Son responsable estime que la performance dans la mobilisation des recettes dépend également des moyens accordés aux administrations. Il rappelle que son secteur avait déjà dépassé les prévisions qui lui avaient été assignées pour l’exercice 2026 et se dit prêt à faire davantage en 2027, à condition de bénéficier d’un accompagnement adéquat.
L’objectif affiché par Adolphe Muzito est donc clair : faire des administrations génératrices de recettes de véritables moteurs du financement du budget de l’État. Ces réunions d’arbitrage constituent ainsi une étape importante dans la préparation de l’avant-projet de loi de finances 2027.
À travers le renforcement des contrôles, le financement des missions sur le terrain et l’accompagnement des services d’assiette, le gouvernement entend accroître les recettes locales et réduire l’écart entre les potentialités économiques du pays et les ressources effectivement mobilisées. Pour le budget 2027, le mot d’ordre est désormais de dépasser les assignations.