Par Patrick Kitoko
La gestion des fonds alloués aux Wazalendo, ces groupes de combattants locaux engagés aux côtés des FARDC (Forces armées de la République démocratique du Congo) dans la défense du territoire national, suscite des interrogations au sein de la représentation nationale.
Le député national Claude Misare demande au ministre de la Défense de fournir des explications sur les sommes qui seraient décaissées chaque mois en faveur des Wazalendo. Selon l’élu, ces décaissements dépasseraient 4 millions de dollars américains par mois.
Cette interpellation intervient alors que plusieurs combattants engagés aux côtés des FARDC seraient confrontés à des conditions de vie difficiles, malgré leur implication dans les opérations visant notamment à faire face aux groupes armés et aux forces étrangères présentes dans l’Est de la RDC.
Pour Claude Misare, il est donc nécessaire d’établir clairement la destination, les mécanismes de gestion et les bénéficiaires effectifs de ces fonds. Il appelle ainsi le ministre de la Défense à faire toute la lumière sur l’utilisation de ces ressources publiques et à expliquer les éventuels écarts entre les montants décaissés et les conditions dans lesquelles vivent les combattants concernés.
Les Wazalendo, terme signifiant « patriotes » en swahili, regroupent différentes catégories de combattants locaux mobilisés pour défendre leurs communautés et leurs territoires, particulièrement dans les provinces de l’Est de la RDC. Dans plusieurs zones, ils ont combattu aux côtés des FARDC contre des groupes armés, notamment dans le contexte de l’offensive du M23 et des tensions sécuritaires persistantes.
Leur rôle demeure toutefois sensible, notamment en raison de la diversité des groupes qui composent cette nébuleuse et des questions liées à leur encadrement, à leur coordination avec l’armée régulière et à leur prise en charge.
Dans ce contexte, la question soulevée par le député Claude Misare dépasse la seule problématique financière. Elle renvoie également à la nécessité d’un encadrement plus rigoureux des forces supplétives, d’une meilleure transparence dans la gestion des ressources qui leur sont destinées et d’une clarification de leur statut dans le dispositif national de défense.
Alors que les autorités congolaises comptent sur l’engagement des Wazalendo aux côtés des FARDC pour renforcer la défense des populations et du territoire, le contrôle de leur financement apparaît comme un enjeu majeur de transparence, de responsabilité et d’efficacité dans la conduite des opérations militaires.
La balle est désormais dans le camp du ministère de la Défense, appelé à préciser la réalité de ces décaissements et à rassurer sur la bonne utilisation des fonds publics consacrés à l’effort de guerre.