RDC : la coordination sanitaire poursuit le suivi de la riposte contre Ebola, le choléra et la rougeole

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Dieudonné Mwamba Kazadi, DG de l’INSP, lors d’une réunion de travail.
Dieudonné Mwamba Kazadi, DG de l’INSP, lors d’une réunion de travail.

Par Serge Mavungu

Les autorités sanitaires de la République démocratique du Congo poursuivent leurs efforts pour contenir les principales épidémies qui touchent le pays. Une réunion de coordination stratégique, consacrée notamment à la maladie à virus Ebola (MVE), au choléra et à la rougeole, a permis d’évaluer l’évolution de la situation ainsi que les mesures à renforcer sur le terrain.

Présidée par le directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP), Dr Dieudonné Mwamba Kazadi, cette rencontre, coordonnée par le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, a porté sur les performances de la riposte, les besoins opérationnels et les priorités pour les prochaines interventions.

Ebola : près de 5 000 cas notifiés

S’agissant de la 17ᵉ épidémie de la maladie à virus Ebola, la notification cumulée fait état de 4 974 cas, avec une létalité estimée à 49 %. Le suivi des contacts atteint, pour sa part, environ 85 %.

Au total, 55 zones de santé ont été affectées depuis le début de l’épidémie, tandis que six provinces sont engagées dans la réponse.

Une évolution favorable est toutefois observée au Nord-Kivu, où aucun nouveau cas n’a été rapporté depuis plus de 42 jours.

En Ituri, principal foyer de l’épidémie, les autorités prévoient une administration de masse d’antipaludéens dans quatre zones de santé identifiées comme prioritaires, à savoir Bunia, Rwampara, Nyakunde et Mongbwalu.

La coordination stratégique s’est également penchée sur les performances des zones considérées comme hotspots, à travers plusieurs indicateurs liés à la surveillance épidémiologique, à la prise en charge des malades, à la prévention et au contrôle des infections, à la notification des cas ainsi qu’aux capacités opérationnelles.

Les autorités souhaitent désormais accorder une place plus importante à l’engagement communautaire dans l’évaluation de ces zones. Les indicateurs y relatifs devront être examinés chaque semaine afin d’orienter rapidement les interventions.

Le financement de la riposte au centre des échanges

La question du financement a également occupé une place importante dans les discussions entre les autorités sanitaires et leurs partenaires.

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Les participants ont convenu de finaliser puis de partager le plan correspondant à la deuxième période opérationnelle, accompagné d’un budget actualisé. Cette démarche doit permettre d’harmoniser les priorités, de clarifier les besoins et de disposer d’un cadre commun pour la poursuite de la riposte.

La nécessité d’une communication régulière et cohérente des données épidémiologiques et opérationnelles a également été soulignée.

Vaccination : 2 000 doses d’Ervebo disponibles dans la Tshopo

Sur le front de la vaccination contre Ebola, 2 000 doses du vaccin Ervebo sont déjà disponibles dans la province de la Tshopo, en préparation du lancement de la campagne.

Cette vaccination doit notamment permettre d’explorer le bénéfice potentiel d’une immunité croisée entre les souches Zaïre et Bundibugyo, cette dernière étant à l’origine de l’épidémie actuellement enregistrée en RDC.

Pour renforcer davantage la couverture, une demande portant sur 500 000 doses supplémentaires a été formulée. L’objectif est notamment de contribuer à une meilleure protection des populations exposées et de progresser vers une immunité collective.

La prise en charge médicale des patients a également été examinée. Les échanges ont porté sur l’utilisation des anticorps monoclonaux ainsi que des antiviraux, notamment le remdésivir, dont les résultats sont présentés comme satisfaisants.

À Maluku, dans la périphérie de Kinshasa, les équipes ont par ailleurs renforcé leurs capacités en matière de surveillance, de détection biologique, d’isolement rapide des cas et de communication au niveau des points de contrôle. Ces mesures visent à maintenir les barrières sanitaires et à réduire le risque d’introduction du virus dans la capitale.

Choléra : la tendance s’améliore, mais la surveillance se poursuit

La situation du choléra connaît également une évolution plus favorable par rapport à la même période de 2025.

Environ 1 200 cas ont été rapportés depuis le début de la période considérée, contre près de 1 800 cas enregistrés au cours de la même période l’année précédente.

Le Nord-Kivu et le Sud-Kivu figurent parmi les provinces les plus touchées. La situation épidémiologique dans ces deux provinces a notamment conduit les autorités à examiner les actions de vaccination ainsi que les autres mesures destinées à contenir la transmission.

Malgré la baisse observée, les activités de surveillance, de prévention et de prise en charge restent maintenues afin d’éviter une nouvelle flambée et de consolider les résultats obtenus.

Rougeole : la vaccination au cœur de la stratégie

Pour la rougeole, des équipes ont été déployées dans quatre provinces avec pour mission de contribuer à interrompre les chaînes de transmission et de consolider la baisse observée dans la notification des cas.

La réunion a également mis l’accent sur la nécessité d’agir sur les facteurs qui favorisent la persistance de la maladie, au-delà de la réponse ponctuelle aux flambées épidémiques.

La campagne de vaccination bi-antigène contre la rougeole et la rubéole se poursuit notamment dans le Kasaï-Central et au Nord-Kivu. Les autres provinces non encore couvertes constituent le dernier bloc à vacciner.

Dans les six provinces déjà concernées par cette campagne, les résultats sont jugés satisfaisants, avec des couvertures vaccinales comprises entre 80 % et 100 % pour les deux antigènes.

Une riposte davantage axée sur les données et les communautés

La réunion de coordination stratégique a ainsi permis de faire le point sur plusieurs fronts sanitaires et de dégager des priorités pour la poursuite des interventions.

Face à Ebola, au choléra et à la rougeole, la coordination entend renforcer l’exploitation des données, accélérer les interventions dans les zones les plus exposées et améliorer la collaboration entre les différents acteurs de la riposte.

L’engagement des communautés apparaît également comme un élément essentiel pour consolider les acquis et parvenir à un contrôle durable de ces principales menaces sanitaires en République démocratique du Congo.

Mardi 18 août 2026 - 07:39