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Est de la RDC : malgré l’insécurité et les déplacements massifs, MSF maintient l’accès aux soins pour les communautés les plus affectées

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Des travailleurs humanitaires de MSF déchargent des fournitures médicales pour soutenir les structures de santé [photo d'illustration]
Des travailleurs humanitaires de MSF déchargent des fournitures médicales pour soutenir les structures de santé [photo d'illustration]

Par Gloire Balolage 

L’étau de la violence ne desserre pas son emprise sur l’est de la République démocratique du Congo. Alors que les affrontements répétés continuent de jeter des milliers de familles sur les routes et de dépeupler des localités entières, l’appareil sanitaire régional subit une onde de choc sans précédent. Dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, la dégradation du climat sécuritaire fragilise progressivement les structures médicales locales, laissant des populations entières dans un dénuement sanitaire absolu.

Dans cette dynamique de crise persistante, le soutien humanitaire s’impose comme l’ultime rempart contre un effondrement global. Présentes sur le terrain, les équipes de Médecins Sans Frontières (MSF) tentent de maintenir une offre de soins vitale. Des interventions chirurgicales d’urgence au suivi nutritionnel, en passant par la santé reproductive et l’assistance aux survivants de violences sexuelles, la prise en charge médicale s’organise au jour le jour pour répondre aux détresses les plus immédiates.

L’équation sanitaire se complexifie davantage sous la pression de flambées épidémiques simultanées qui frappent des communautés déjà affaiblies. Tandis que la riposte contre la maladie à virus Ebola exige une mobilisation rigoureuse dans les zones à risque, d’autres épidémies dévastatrices comme la rougeole et le choléra mettent à rude épreuve les centres urbains et ruraux, notamment à Bukavu, Shabunda et Goma.

Face à ce péril infectieux, selon l’organisation humanitaire, les protocoles de riposte s’articulent autour d’un dispositif global combinant prise en charge clinique, renforcement de la veille épidémiologique, mesures d’hygiène et sensibilisation communautaire. L’impact de cet engagement se mesure au bilan des interventions menées depuis le début de l’année : plus de 12 050 patients soignés, au moins 2 410 personnes traitées contre le choléra, et une campagne massive ayant permis d’immuniser plus de 283 150 enfants contre la rougeole.

Au cœur du territoire de Rutshuru, la détérioration des conditions de sécurité entrave sévèrement la circulation des malades et des secours. Malgré un contexte particulièrement hostile, l’appui médical se maintient dans quatre hôpitaux de référence ainsi que dans une dizaine d’établissements sanitaires secondaires à travers les zones de santé de Kibirizi, Binza et Rutshuru, préservant ainsi l’accès aux urgences pédiatriques, chirurgicales et néonatales.

MSF indique que cette même stratégie d’adaptation s’applique aux zones de Masisi et de Mweso, où les flux ininterrompus de déplacés saturent les capacités d’accueil locales. Le renforcement des structures hospitalières centrales et des centres périphériques à l’instar de Nyabiondo ou de Masisi-Centre permet de maintenir une offre de soins primaires, de lutter contre le paludisme et les infections respiratoires, tout en garantissant un approvisionnement en eau potable et un assainissement adéquat pour limiter la propagation des maladies infectieuses.

L’agglomération de Goma et la cité voisine de Sake concentrent elles aussi la dureté des répercussions directes du conflit. Pour soulager des structures saturées, des interventions ciblées sont déployées dans les centres de santé de CCLK, Murara et Sake, ainsi qu’à l’Hôpital général de référence de Kyeshero. Outre la pédiatrie et la nutrition thérapeutique intensive, l’accent y est mis sur la prise en charge clinique et le suivi des victimes de violences sexuelles. Dans la zone de Katoyi, plus de 3 600 cas de malnutrition aiguë sévère ont déjà été pris en charge.

L’isolement géographique de territoires reculés comme Walikale, Minova ou Bunyakiri ajoute une contrainte logistique majeure à la gestion de la crise. Au prix d’efforts constants pour franchir les obstacles sécuritaires et routiers, la continuité des soins y est préservée afin d’apporter une assistance obstétrique, psychologique et chirurgicale essentielle.

Lundi 17 août 2026 - 20:28