Par Patrick Kitoko
Une opération d’identification des éleveurs transhumants, communément appelés « Mbororo », est en cours dans les provinces du Haut-Uélé, du Bas-Uélé et du Nord-Ubangi. Une délégation d’experts issus de plusieurs ministères et services publics a été déployée depuis le début de la semaine pour préparer cette opération sur le terrain.
Conduite par des experts du ministère de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, la mission a notamment pour objectif de former les agents qui seront chargés de l’identification, d’harmoniser les vues avec les autorités provinciales et locales et de préparer le déploiement des équipes dans les territoires concernés.
Les équipes sont actuellement installées dans les chefs-lieux des trois provinces, à savoir Isiro pour le Haut-Uélé, Buta pour le Bas-Uélé et Gbadolite pour le Nord-Ubangi. Elles doivent ensuite se rendre dans les différents territoires afin de procéder à l’identification proprement dite.
Cette démarche ne constitue pas, en elle-même, une opération d’expulsion ou d’interdiction de la transhumance. Elle vise avant tout à identifier et à documenter les éleveurs transhumants ainsi que leurs mouvements, afin de permettre aux autorités de mieux suivre la mobilité du bétail et de disposer de données fiables sur les itinéraires empruntés.
L’objectif affiché est également de renforcer la coordination entre les autorités administratives et locales et de contribuer à la prévention des conflits susceptibles de naître de la mobilité des troupeaux et de la cohabitation entre différentes communautés. Sur le terrain, les autorités locales sont appelées à accompagner les équipes afin de faciliter leur travail et de veiller à ce que l’opération tienne compte des réalités propres à chaque territoire.
À terme, les informations recueillies devraient permettre aux pouvoirs publics de mieux comprendre les mouvements de transhumance, d’améliorer leur encadrement administratif et de renforcer les mécanismes de prévention et de gestion des éventuelles tensions communautaires dans ces trois provinces du nord de la République démocratique du Congo.