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Ituri : deux fillettes retrouvées à Djugu et réunifiées avec leur famille grâce à une mobilisation locale et de la MONUSCO

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Photo d'illustration
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Par Denise Kyalwahi

Le soulagement est désormais de mise dans plusieurs communautés de l’Ituri. Deux fillettes portées disparues depuis le début de la semaine dernière dans les environs de Jiba, en territoire de Djugu, ont été retrouvées saines et sauves, puis reconduites auprès de leurs proches. Leur retour a été rendu possible grâce à une mobilisation impliquant les autorités locales, les leaders communautaires et les Casques bleus bangladais de la MONUSCO.

Au-delà du dénouement heureux de cette affaire, l’intervention a contribué à apaiser les inquiétudes et à prévenir une nouvelle montée des tensions entre communautés dans une zone déjà fragilisée par les conflits.

Une disparition qui avait suscité de fortes inquiétudes

Les circonstances exactes de la disparition des deux enfants restent encore à établir. Selon plusieurs témoignages, elles accompagnaient leur mère dans un champ situé près de Jiba, où la famille était partie chercher de la nourriture.

La mère se serait momentanément éloignée pour aller chercher du plantain, laissant les fillettes sur place. C’est durant cette absence qu’elles auraient été emmenées par des hommes armés, certaines sources faisant état d’une implication présumée de combattants de la CODECO.

L’incident avait rapidement alimenté l’inquiétude parmi les déplacés du site de la Plaine Savo et ravivé les tensions entre les communautés Hema et Lendu.

Alertée de la situation, la MONUSCO a engagé, à travers ses assistants de liaison communautaire (CLA), des consultations avec les autorités administratives, les chefs coutumiers et différents leaders communautaires.

Une patrouille de la Mission s’est notamment rendue dimanche 16 août à Jiba, à environ une douzaine de kilomètres de Bule. Les échanges avec les responsables des groupements de Dhendro et de Dhendo ont permis de rechercher une issue pacifique à la situation.

À l’issue de ces démarches, un accord a été trouvé pour que les deux fillettes soient remises aux Casques bleus basés à Rhoo, une localité proche de la zone où elles se trouvaient.

Une opération qui a aussi permis une évacuation médicale

L’intervention ne s’est pas limitée à la récupération des enfants. Une femme d’une trentaine d’années, blessée lors d’affrontements survenus environ trois mois auparavant dans la région de Bule, a également été évacuée.

Après avoir reçu des soins à l’hôpital de Jiba, elle était restée sur place en attendant que les conditions sécuritaires permettent son transfert.

Les deux fillettes et la femme blessée ont finalement été escortées sous la protection de la MONUSCO jusqu’au site de déplacés de Rhoo, où elles ont pu retrouver leurs proches.

Une intervention saluée par la société civile

La société civile de Bule a salué cette intervention, considérée comme une preuve de l’importance de la collaboration entre la population et la Mission des Nations unies.

Salomon Pinzile Lole, président de la société civile de Bule, a notamment exprimé sa satisfaction face à la mobilisation déployée pour retrouver les enfants.

« Lorsque les enfants avaient disparu, les parents et toute la communauté étaient très inquiets », a-t-il déclaré, avant de remercier la MONUSCO pour les efforts entrepris en faveur de leur retour.

À Bule, où résident les parents des deux fillettes, leur retour a également été accueilli avec soulagement. Certains habitants ont reconnu que cette intervention avait contribué à modifier leur perception de la Mission.

Un jeune de Bule a, pour sa part, salué la rapidité avec laquelle l’alerte de la population a été prise en compte, estimant que cette réaction avait contribué à empêcher une aggravation de la situation.

Les déplacés de la Plaine Savo soulagés

La nouvelle a également été accueillie avec joie au site de déplacés de la Plaine Savo, où la disparition des deux fillettes avait provoqué une vive inquiétude.

Rollande Mawazo Kambonesa, gestionnaire du site, s’est réjouie de leur retour auprès de leur famille.

Selon elle, la disparition des enfants avait fortement préoccupé les déplacés, mais leur récupération et leur retour sains et saufs ont permis de ramener l’apaisement au sein de la communauté.

Un appel à combattre les rumeurs et la désinformation

Cette affaire pourrait également contribuer à renforcer le dialogue entre la MONUSCO et les communautés locales. Des notables de Bule ont ainsi annoncé leur volonté de sensibiliser la population contre les rumeurs, la désinformation et les discours hostiles à la Mission.

Pour plusieurs acteurs locaux, le dénouement de cette affaire montre l’importance de maintenir des canaux de communication ouverts entre les communautés, les autorités et les acteurs de la protection des civils.

Alors que les démarches se poursuivent pour permettre aux deux fillettes de retrouver pleinement leurs parents biologiques au site de déplacés de la Plaine Savo, leur retour constitue un moment de soulagement pour leurs familles.

Dans un contexte marqué par les déplacements, les violences et les tensions communautaires, cette opération illustre aussi l’importance de la médiation et de la coopération locale pour protéger les civils et empêcher qu’un incident ne dégénère en nouvelle crise communautaire.

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Lundi 17 août 2026 - 14:23