Par Prosper Buhuru
L’activiste des droits humains et acteur de la société civile, Hervé Amani, appelle l’opposition congolaise à revoir sa stratégie face à la crise politique et sécuritaire que traverse la République démocratique du Congo. Dans une prise de position, ce lundi 17 août 2026, il estime que les forces de l’opposition ne devraient plus se laisser enfermer dans un cycle de dialogues annoncés puis reportés.
Selon lui, l’opposition regroupée au sein de la Coalition Article 64 (C64) aurait trop longtemps privilégié l’attente et accepté les conditions imposées par le pouvoir, au détriment des attentes de ses propres militants. Il estime que la répétition des annonces de dialogue sans concrétisation a progressivement alimenté la frustration et le découragement au sein de l’opinion.
Pour Hervé Amani, la priorité devrait désormais être de rechercher une issue concrète à la crise plutôt que de multiplier les consultations politiques sans résultats tangibles.
L’acteur de la société civile met également en cause la capacité du président Félix Tshisekedi à conduire seul la résolution de la crise nationale. Il considère que les années de promesses, les différentes initiatives de dialogue et les réponses apportées sur le plan sécuritaire n’ont pas permis, à ses yeux, de produire une solution durable.
Dans cette perspective, Hervé Amani estime que l’opposition doit cesser de placer ses espoirs dans de nouvelles invitations ou annonces du pouvoir et reprendre l’initiative sur le terrain politique.
« Il faut désormais pousser Félix Tshisekedi à sortir par la grande porte », soutient-il, précisant que cette position ne relève ni d’une volonté d’humiliation ni d’une démarche de vengeance politique. Il présente plutôt ce départ comme une possibilité permettant au chef de l’État de préserver sa dignité et son honneur tout en ouvrant la voie à une nouvelle dynamique politique.
L’activiste considère, par ailleurs, qu’un dialogue ne peut être pertinent que s’il débouche sur des décisions susceptibles d’apporter des réponses à la crise. À défaut, il risque, selon lui, de devenir un simple mécanisme destiné à prolonger les blocages politiques.
Hervé Amani appelle ainsi l’opposition à sortir d’une posture qu’il qualifie d’attentiste et à reprendre l’initiative afin de restaurer la confiance de ses partisans. Pour lui, la population congolaise attend désormais des actes plutôt que de nouvelles promesses de consultations.
Sa position revient donc à plaider pour un changement de méthode dans la conduite de la crise : moins d’attente autour des initiatives du pouvoir et davantage d’initiatives politiques susceptibles de déboucher sur une issue nationale.
Tout en reconnaissant que le départ du chef de l’État ne doit pas être envisagé comme une vengeance politique, Hervé Amani estime que Félix Tshisekedi doit savoir reconnaître le moment où son maintien au centre des négociations peut devenir, selon lui, un frein à la recherche d’une solution.
Il appelle ainsi les acteurs politiques à « changer de logique » afin de permettre à la RDC d’ouvrir, selon ses termes, un nouveau chapitre de son histoire.