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RDC : Claude Rugo défend Jean-Baptiste Ndeze Katurebe face aux accusations de déstabilisation du pouvoir coutumier au Nord-Kivu et dénonce une campagne de diabolisation contre le vice-ministre des Affaires coutumières

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Le vice-ministre des affaires coutumières, Mwami Jean-Baptiste Ndeze Katurebe [photo d'illustration]
Le vice-ministre des affaires coutumières, Mwami Jean-Baptiste Ndeze Katurebe [photo d'illustration]

Par Prosper Buhuru

Le débat sur la gestion du pouvoir coutumier au Nord-Kivu prend une nouvelle tournure. Alors qu’un collectif de jeunes femmes leaders de la province vivant à Kinshasa accuse le vice-ministre des Affaires coutumières, Jean-Baptiste Ndeze Katurebe, de contribuer à la déstabilisation de l’autorité coutumière, Claude Rugo, président du Conseil communal de la jeunesse de Karisimbi à Goma, monte au créneau pour défendre le membre du gouvernement.

Dans une déclaration de mise en garde, Claude Rugo rejette catégoriquement les accusations visant Jean-Baptiste Ndeze Katurebe et dénonce ce qu’il qualifie de « campagne de diabolisation » contre le vice-ministre. Depuis le Burundi, où il s’est réfugié en raison de la guerre, il appelle les acteurs politiques et les jeunes du Nord-Kivu à éviter toute instrumentalisation de la question coutumière.

Cette réaction intervient après la publication d’un mémorandum du Collectif des jeunes femmes leaders du Nord-Kivu vivant à Kinshasa, daté du 13 août 2026. Dans ce document, les signataires accusent Jean-Baptiste Ndeze Katurebe de chercher à écarter certains chefs coutumiers qu’elles considèrent comme légitimes au profit de personnes qu’elles présentent comme des usurpateurs.

Le collectif affirme notamment que le vice-ministre aurait convoqué certains chefs coutumiers dans le cadre d’une commission qu’il aurait constituée pour examiner des questions liées à la reconnaissance des pouvoirs coutumiers. Il lui est également reproché de vouloir faire préparer, depuis le 11 août, des arrêtés de reconnaissance susceptibles, selon les signataires, de modifier la situation de certains chefs coutumiers au Nord-Kivu.

Face à ces accusations, Claude Rugo soutient une lecture radicalement différente de la situation. Selon lui, la fragilisation du pouvoir coutumier dans les zones affectées par la guerre ne peut être imputée au vice-ministre Ndeze Katurebe.

« Qui a créé des Mwami parallèles au Nord-Kivu ? Ce n’est pas le vice-ministre Katurebe », affirme-t-il, avant de pointer du doigt les groupes armés opérant dans certaines zones occupées. Il accuse notamment le M23-AFC et les ADF de procéder à la désignation de chefs dans les espaces qu’ils contrôlent, estimant que ces pratiques constituent une atteinte aux structures coutumières traditionnelles.

Pour Claude Rugo, le vice-ministre Jean-Baptiste Ndeze Katurebe serait au contraire confronté à ces pratiques en raison de son refus présumé de reconnaître certains chefs qu’il considère comme illégitimes. Il appelle ainsi les jeunes à ne pas se laisser entraîner dans ce qu’il présente comme un conflit politique autour du pouvoir coutumier.

« Le moment que nous traversons n’est pas un moment de calcul politique. La patrie est en danger. La coutume est en danger », soutient-il dans sa déclaration.

Le responsable de la jeunesse de Karisimbi estime par ailleurs que les divergences actuelles doivent être replacées dans le contexte plus large de la guerre qui affecte le Nord-Kivu. Pour lui, la priorité devrait être la défense des communautés et des institutions coutumières face aux groupes armés plutôt que la confrontation entre acteurs du pouvoir coutumier.

De son côté, le collectif signataire du mémorandum demande au Président de la République de rappeler le vice-ministre Ndeze Katurebe à l’ordre et appelle le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, à ne pas signer des arrêtés de reconnaissance des pouvoirs coutumiers qu’il juge contraires aux normes en vigueur.

Les signataires souhaitent également la suspension des initiatives relatives au règlement des conflits coutumiers au Nord-Kivu et au Sud-Kivu jusqu’à la fin de la guerre, faisant référence aux recommandations issues de l’atelier sur la restauration de l’autorité de l’État organisé à Kinshasa du 22 au 24 juillet 2026.

Ainsi, deux lectures s’opposent désormais autour de la gestion du pouvoir coutumier au Nord-Kivu : celle du collectif, qui dénonce une intervention qu’il estime déstabilisatrice de la part du vice-ministre, et celle de Claude Rugo, qui considère les accusations comme une campagne injustifiée contre un responsable engagé, selon lui, dans la défense de l’autorité coutumière.

Au-delà de cette controverse, le débat met en lumière une question particulièrement sensible dans une province marquée par la guerre : la préservation de la légitimité des autorités coutumières et la continuité de leur rôle dans les communautés affectées par les conflits armés.

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Lundi 17 août 2026 - 18:36