RDC : l’avocat de Parole Kamizelo alerte sur sa sécurité à Makala et relance le débat sur les prisonniers politiques

Catégorie
Image
L'opposant congolais Parole Kamizelo Sukadi
L'opposant congolais Parole Kamizelo Sukadi

Par Patrick Kitoko 

La situation de Kamizelo Sukadi Parole, détenu depuis plusieurs mois à la prison centrale de Makala, suscite de nouvelles inquiétudes. Son avocat vient d’alerter la direction de l’établissement pénitentiaire sur ce qu’il qualifie de dégradation critique des conditions de sécurité de son client.

Dans une correspondance adressée au directeur de la prison de Makala, la défense fait état de plusieurs incidents présumés, notamment des passages à tabac, des menaces de mort et une tentative d’intrusion nocturne dans la cellule de Kamizelo Sukadi.

Face à ces allégations, l’avocat réclame le renforcement immédiat de la protection de son client ainsi que l’ouverture d’une enquête interne afin d’établir les responsabilités et les circonstances entourant ces faits.

La correspondance a également été transmise au ministre de la Justice, au ministre des Droits humains, au procureur général près la Cour de cassation ainsi qu’à la CNDH - Commission nationale des droits de l’homme -.

Kamizelo Sukadi Parole est détenu depuis environ huit mois à la prison de Makala. Son arrestation s’inscrit dans un contexte politique marqué par de fortes tensions entre le pouvoir et une partie de l’opposition congolaise. Au fil de sa détention, son cas est devenu l’un des dossiers régulièrement évoqués par les acteurs politiques et de la société civile qui dénoncent ce qu’ils considèrent comme une instrumentalisation de la justice à des fins politiques. La défense entend désormais mettre l’accent sur la sécurité du détenu et sur l’obligation qui incombe à l’administration pénitentiaire de garantir son intégrité physique.

Cette nouvelle alerte intervient alors que plusieurs forces de l’opposition congolaise réclament depuis plusieurs mois une décrispation du climat politique. Parmi leurs revendications figure notamment la libération des personnes qu’elles qualifient de prisonniers politiques, ainsi que l’arrêt des poursuites ou détentions qu’elles estiment motivées par des considérations politiques. Pour l’opposition, la libération des détenus considérés comme politiques constituerait un geste susceptible de restaurer la confiance et de créer un environnement favorable à un dialogue politique inclusif. Ces revendications prennent une importance particulière dans le contexte actuel, marqué par des désaccords persistants autour de la gouvernance, de la situation sécuritaire dans l’Est du pays et de l’avenir institutionnel de la RDC.

En attendant une éventuelle réaction des autorités judiciaires ou pénitentiaires, l’avocat de Kamizelo Sukadi demande que les mesures nécessaires soient prises sans délai pour garantir la sécurité de son client. Il prévient également que la responsabilité de l’administration pénitentiaire pourrait être engagée si celle-ci venait à manquer à son obligation de protection.

Au-delà du cas individuel de Kamizelo Sukadi, cette affaire remet au premier plan la question des conditions de détention en RDC, mais aussi celle de la décrispation politique réclamée par l’opposition. La manière dont les autorités répondront à cette nouvelle alerte sera scrutée de près par les organisations de défense des droits humains et les acteurs politiques.

Étiquettes
Mardi 18 août 2026 - 11:09