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Masisi : un enfant tué et 100 civils arrêtés lors des manifestations forcées par le M23-AFC (Société Civile)

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Manifestations imposées à la population à Goma par le M23-AFC [Photo d’illustration]
Manifestations imposées à la population à Goma par le M23-AFC [Photo d’illustration]

Par la Rédaction

La Coordination territoriale de la Société civile forces vives du territoire de Masisi, au Nord-Kivu, a rendu public un communiqué dénonçant des manifestations publiques forcées, organisées ces derniers jours dans plusieurs agglomérations sous contrôle du M23-AFC, avec de lourdes conséquences pour les populations civiles.

Selon ce document parvenu à opinion-info.cd, ce 26 décembre 2025, les cités de Sake, Kitshanga, Nyabiondo et Rubaya ont été successivement touchées par ce nouveau mode opératoire imposé aux habitants. La société civile affirme que ces rassemblements, présentés comme des manifestations publiques, s’accompagnent d’actes de contrainte, d’arrestations arbitraires et de violences à l’encontre des civils.

À Sake, une manifestation tenue le 23 décembre 2025 aurait débouché sur l’arrestation brutale d’une centaine de personnes, parmi lesquelles 29 femmes et 30 enfants, ensuite conduites dans des lieux de détention. Au cours des échauffourées ayant opposé des manifestants aux rebelles du M23-AFC, un enfant de 13 ans aurait perdu la vie. La société civile indique également que plusieurs jeunes de cette cité vivent depuis lors en clandestinité, craignant des représailles pour avoir boycotté cette marche.

Le lendemain, le 24 décembre 2025, une situation similaire a été signalée à Kitshanga, où un défenseur des droits humains, également préfet des études d’une école secondaire locale, aurait été conduit de force dans un cachot, pour des motifs non officiellement communiqués. Le même jour, des meetings populaires qualifiés de forcés se sont tenus à Nyabiondo et à Rubaya, selon la même source.

Face à ces faits, la Société civile forces vives de Masisi rappelle le caractère sacré des droits et libertés fondamentaux garantis par les instruments juridiques nationaux et internationaux. Elle appelle notamment au respect de la dignité humaine, à la libération sans condition des civils arrêtés, à la fin des poursuites contre les personnes vivant en clandestinité, ainsi qu’au respect strict des principes du droit international humanitaire, notamment l’humanité, la distinction et la proportionnalité.

Dans son communiqué, la coordination territoriale exige également l’ouverture d’enquêtes sérieuses afin d’établir les responsabilités, la fermeture des cachots souterrains qualifiés de lieux de détention prohibés, et l’interdiction de l’utilisation forcée des civils, en particulier des jeunes, pour des tâches liées aux lignes de front. Elle cite notamment le cachot souterrain du mont Matcha à Sake, où plusieurs jeunes auraient trouvé la mort entre novembre et décembre 2025.

La société civile conclut son message en rappelant que "nul crime n’est parfait", appelant les acteurs concernés à prendre conscience de leurs responsabilités et à préserver la vie et la sécurité des populations civiles dans ces zones.

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Vendredi 26 décembre 2025 - 10:13