Par Gloire Balolage
Le mouvement citoyen Lutte pour le Changement (LUCHA) condamne « avec la plus grande fermeté » les arrestations arbitraires et d’intimidations visant des opposants politiques, des journalistes, des activistes ainsi que des personnalités connues pour leurs prises de position critiques envers le pouvoir en place. Le mouvement évoque une répression qui ne cesse de s’intensifier dans le pays.
Dans un communiqué de presse, la LUCHA affirme que les services de sécurité et la justice sont « instrumentalisés » à des fins politiques. Elle pointe du doigt une série de méthodes devenues, selon elle, « ordinaires », telles que les arrestations arbitraires, les intimidations, les menaces et le harcèlement judiciaire, qui pousseraient de nombreux acteurs publics à l’exil forcé et priveraient le pays d’un débat libre et pluraliste.
Le mouvement citoyen rappelle que la liberté d’expression, la liberté de la presse et le droit de manifester pacifiquement ne sont pas des privilèges accordés par le pouvoir, mais des droits « inaliénables ». Il souligne que ces droits sont garantis à la fois par la Constitution congolaise et par les engagements internationaux auxquels la République démocratique du Congo a souscrit.
Pour la LUCHA, toute tentative de museler les opinions critiques constitue « une violation grave de l’État de droit », une menace directe contre la démocratie et une atteinte à la souveraineté du peuple congolais. Elle insiste sur la gravité de cette dérive qu’elle juge préoccupante pour l’avenir des libertés publiques.
Face à ce qu’elle décrit comme une situation alarmante, la LUCHA formule plusieurs exigences, notamment l’arrêt immédiat des arrestations arbitraires et des poursuites « politiquement motivées », ainsi que la libération sans délai de toutes les personnes détenues pour leurs opinions. Elle demande également la fin de l’instrumentalisation des services de sécurité et de la justice.
Ce mouvement pro démocratie appelle en outre à la protection « concrète et immédiate » des journalistes, activistes, défenseurs des droits humains et opposants visés par ces pratiques, tout en réclamant le rétablissement d’un espace civique libre, ouvert et respectueux des libertés fondamentales.
La LUCHA avertit enfin que la répression ne peut garantir « ni la stabilité ni la paix ». Selon elle, ces méthodes ne feront qu’alimenter la colère populaire, la méfiance et la rupture entre les gouvernants et le peuple. « Une démocratie bâillonnée est une démocratie en danger », prévient-il, estimant que faire taire les voix critiques revient à trahir les aspirations profondes du peuple congolais.