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Un an après la chute de Goma sous M23-AFC : la mémoire des civils refuse de se taire !

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Ville de Goma [photo d’illustration]
Ville de Goma [photo d’illustration]

Par Prosper Buhuru

Un an après la chute de la ville de Goma, intervenue le 27 janvier 2025 lors de son occupation par les éléments du M23-AFC soutenus par le Rwanda, les stigmates des combats restent profondément ancrés dans la mémoire et dans les corps des habitants des quartiers les plus touchés.

Dans les zones proches de l’aéroport international de Goma et du camp Katindo, au cœur de la ville, les affrontements ont laissé derrière eux des maisons détruites et des vies bouleversées. Une mère de famille raconte avoir vu son domicile frappé par un engin explosif alors que les combats faisaient rage à proximité. Grièvement blessée par des éclats, elle a subi plusieurs interventions chirurgicales. Certaines blessures, non traitées faute de moyens, continuent de limiter ses déplacements et son autonomie au quotidien.

Dans un autre quartier, une autre habitante se souvient de cette nuit où, croyant trouver un moment de répit après des échanges de tirs nourris, elle s’était réfugiée chez elle avec ses enfants. Un projectile est tombé sur le toit. Blessée aux deux jambes, elle a dû être opérée à plusieurs reprises, tandis que son enfant a été touché à la tête. Aujourd’hui encore, elle poursuit des soins médicaux lourds, dans un contexte de précarité.

Pour certaines familles, le bilan est encore plus tragique. Une mère de neuf enfants raconte avoir perdu son mari lors des journées sanglantes des 27 et 28 janvier 2025. Des tirs effectués dans des habitations non sécurisées ont emporté son époux ainsi qu’un jeune voisin venu porter secours. Privée de son soutien familial, elle peine désormais à assurer la survie et la scolarisation de ses enfants.

La destruction des habitations et les pertes humaines ont plongé de nombreuses familles dans une détresse durable. Plusieurs victimes appellent aujourd’hui à une indemnisation pour leur permettre de reconstruire leurs vies. D’autres, endeuillées et traumatisées, lancent avant tout un appel à la paix, redoutant que de telles violences ne se répètent dans une ville déjà éprouvée par des années d’instabilité.

Un an après, Goma tente de se relever, mais pour de nombreux habitants, la guerre de janvier 2025 n’appartient pas encore au passé. Elle continue de se vivre au quotidien, dans les blessures, le deuil et l’incertitude.

Mardi 27 janvier 2026 - 09:52