Bunia : les eaux usées de la prison inquiètent les habitants des quartiers voisins

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Photo d’illustration
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Par Denise Kyalwahi

Dans certains quartiers de la ville de Bunia en Ituri proches de la prison centrale, l’odeur est souvent la première chose que les habitants remarquent. Une odeur lourde, persistante, qui accompagne l’écoulement d’eaux troubles le long de petits canaux traversant les habitations.

Depuis plusieurs semaines, la question de la gestion des eaux usées de la prison centrale suscite de vives inquiétudes parmi les populations riveraines. Une enquête menée par l’organisation environnementale Forum des Engagés pour le Développement Durable (FORED) met en lumière une situation jugée préoccupante par de nombreux habitants.

Au cours de ses investigations de terrain, l’organisation a rencontré plusieurs ménages vivant à proximité des canalisations qui évacuent les eaux de la prison. Les témoignages recueillis évoquent tous une même réalité : des eaux usées s’écoulant à ciel ouvert, parfois chargées de déchets organiques et de matières fécales visibles. Ces eaux traverseraient certaines zones habitées avant de poursuivre leur course vers des ruisseaux environnants.

« Chaque jour, nous voyons passer ces eaux sales venant de la prison. L’odeur est très forte et il y a parfois des matières fécales. Nous avons peur pour notre santé et pour celle de nos enfants », confie un habitant rencontré lors de l’enquête.

Des risques pour la santé et l’environnement

La présence d’eaux usées non traitées dans l’environnement urbain représente un danger réel. L’exposition à ces eaux peut favoriser la propagation de maladies diarrhéiques, d’infections parasitaires ou encore contaminer certaines sources d’eau utilisées par les populations.

Face à cette situation, FORED appelle les autorités à agir rapidement pour améliorer la gestion des eaux usées de la prison centrale. Selon John Tolly, président de l’organisation, des solutions concrètes pourraient être envisagées à court et moyen terme.

« À court terme, il faut mettre en place une canalisation adéquate et couvrir la conduite afin d’éviter que ces eaux circulent à ciel ouvert. Mais comme ces eaux se déversent finalement dans un ruisseau qui rejoint la rivière Shari, il devient urgent de penser à un système de traitement », explique-t-il.

Parmi les pistes évoquées figure notamment la transformation des matières fécales en biogaz, une solution qui permettrait à la fois de réduire la pollution et de valoriser ces déchets. L’organisation insiste également sur la nécessité de réparer les infrastructures d’assainissement existantes, de réaliser une évaluation environnementale indépendante et d’impliquer les services d’hygiène et de l’environnement dans le suivi de la situation.

FORED plaide aussi pour une approche participative, dans laquelle les habitants des quartiers concernés pourraient être associés à la surveillance et à la gestion des risques environnementaux.

À Bunia, les riverains espèrent désormais que leurs inquiétudes seront entendues avant que ces eaux polluées ne deviennent un problème encore plus grave pour leur environnement et leur quotidien.

Lundi 16 mars 2026 - 12:32