Par Prosper Buhuru
Après avoir documenté de graves abus à Uvira, dans la province du Sud-Kivu, Human Rights Watch appelle à une réponse urgente de la communauté internationale, notamment à travers des enquêtes judiciaires et des sanctions ciblées contre les responsables présumés.
L’organisation recommande au gouvernement congolais, avec l’appui des Nations Unies, d’ouvrir une enquête approfondie sur les crimes commis lors de l’occupation de la ville en décembre 2025. Elle préconise également le recours à une expertise médico-légale pour l’exhumation des fosses communes identifiées, afin d’établir les responsabilités.
Dans le même élan, Human Rights Watch exhorte la Commission d’enquête des Nations Unies à déployer rapidement une équipe sur le terrain pour documenter les violations et préserver les preuves, dans la perspective de poursuites judiciaires nationales ou internationales.
L’organisation va plus loin en appelant les partenaires internationaux, notamment l’Union européenne et le Royaume-Uni, à emboîter le pas aux États-Unis, qui ont déjà imposé des sanctions contre des responsables militaires rwandais en lien avec les événements d’Uvira. Ces mesures visent à accroître la pression sur les acteurs impliqués et à prévenir de nouvelles violations.
Human Rights Watch insiste également sur la nécessité de mettre en œuvre les engagements pris dans les Accords de Washington, notamment en matière de non-ingérence, de sécurité régionale et de protection des civils. Elle appelle les mécanismes de suivi à jouer pleinement leur rôle pour garantir l’application effective de ces engagements.
Sur le plan interne, l’organisation demande aux autorités congolaises de renforcer le contrôle des groupes armés alliés et d’engager des poursuites contre tous les auteurs d’abus, sans distinction. Elle insiste sur l’importance de la réforme et de l’encadrement des combattants intégrés dans les forces régulières.
Enfin, Human Rights Watch plaide pour une coopération accrue avec la Cour pénale internationale, estimant que seule une réponse judiciaire crédible permettra de briser le cycle d’impunité dans l’est de la RDC.
Malgré le retrait du M23-AFC d’Uvira, la situation reste volatile, avec des positions encore actives à proximité de la ville. Dans ce contexte, l’organisation avertit que l’absence de mesures concrètes pourrait favoriser la répétition des violences et compromettre les efforts de stabilisation dans la région des Grands Lacs.