RDC : l’intersyndicale du PHC SA dénonce une campagne de déstabilisation menaçant 11 000 emplois après le retrait de l’État congolais du capital social

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Quelques membres de l'intersyndicale de PHC SA
Quelques membres de l'intersyndicale de PHC SA

Par Serge Mavungu

Samedi 23 avril 2026, à Kinshasa, l’Intersyndicale de Plantations et Huileries du Congo SA est sortie de sa réserve. Face à la presse, Loko Zoa Chrispin, porte-voix de l’intersyndicale, a dénoncé une campagne d’intox qui cible directement les onze mille postes de ce poids lourd de l’agro-industrie. 

« Les organisations syndicales expriment pleinement leur soutien sans réserve à PHC », a déclaré Loko Zoa Chrispin.

Cette prise de parole intervient après la diffusion, le même jour, d’une note de la Direction de PHC SA sur l’évolution de son actionnariat.

Il importe de préciser que, sans la recapitalisation, PHC SA n’aurait pas été en situation de faillite. En revanche, l’entreprise aurait été fortement limitée dans sa capacité à développer des projets structurants et porteurs pour le secteur agro-industriel, ce qui aurait entraîné une stagnation de ses activités.

Un retrait de l’État dicté par les contraintes budgétaires

L’origine du dossier remonte à la recapitalisation engagée en 2025 pour renforcer l’entreprise. À l’époque, PHC SA avait dans son tour de table l’État congolais, actionnaire minoritaire de catégorie B, avec soixante-cinq mille sept cent trente-trois titres, soit vingt-trois virgule quatre-vingt-trois pour cent du capital. L’actionnaire majoritaire, Straight KKM2, société de droit mauricien, contrôlait deux cent treize mille deux cent quatre-vingt-sept actions, soit soixante-seize virgule dix-sept pour cent.

Le 11 août 2025, le Conseil d’administration a validé la reconstitution du capital à cent pour cent. Chaque actionnaire était appelé à contribuer. L’État congolais, sans ligne budgétaire prévue, a choisi de se retirer volontairement de l’actionnariat. Ce désengagement respecte les statuts de la société et le Traité OHADA, notamment les articles cinq cent cinquante-deux, cinq cent cinquante-trois et cinq cent soixante-quatre de l’Acte Uniforme relatif au droit des Sociétés Commerciales.

Depuis la reprise en 2021, l’ensemble des capitaux frais injectés dans PHC SA a servi exclusivement à remettre l’outil de production à niveau, honorer les charges sociales et solder les dettes anciennes. Aucun dividende n’a été dégagé. L’État, actionnaire de catégorie B, n’a pas financé ces investissements. La procédure a reçu l’aval du ministère du Portefeuille, du Conseil supérieur du Portefeuille, et des Assemblées générales du 27 juin et du 11 août 2025, avec audits du cabinet DACO SARL. Les procès-verbaux notariés sont disponibles.

Kalaa Mpinga pointé comme l’instigateur de la campagne

Le document de six pages remis aux journalistes désigne clairement l’initiateur de la contestation : Kalaa Mpinga. Ancien administrateur qui a perdu la confiance des actionnaires majoritaires après avoir tenté de glisser dans un procès-verbal des points non débattus, il remet aujourd’hui en cause la légalité du retrait de l’État.

Kalaa Mpinga a multiplié les recours. Il a attaqué PHC SA devant le Tribunal de Commerce de Kinshasa-Gombe, la Cour d’appel de Kinshasa-Gombe, puis la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage d’Abidjan. Il a perdu à chaque étape. Il pilote désormais le groupe qui fait circuler une pétition déposée à l’Assemblée Nationale pour bloquer le désengagement légal de l’État. Par le passé, lui et ses proches ont tenté d’imposer une Présidente du Conseil d’Administration de leur camp via un Directeur de Cabinet au Ministère du Portefeuille. La manœuvre a échoué, contraire au Traité OHADA.

Pourquoi la recapitalisation était nécessaire

PHC SA n’est pas une société ordinaire. C’est un acteur économique et social majeur en région. Première entreprise privée de RDC dans l’agroalimentaire, elle emploie directement plus de onze mille Congolais. Elle fait tourner quatre hôpitaux, bâtit des écoles et des routes de desserte agricole dans le cadre du PDL-145T à Boteka, Yaligimba et Lokutu, dans l’Équateur, la Mongala et la Tshopo. Elle incarne la « revanche du sol sur le sous-sol » portée par le Chef de l’État et répond aux piliers un et quatre du Gouvernement Suminua : créer massivement de l’emploi et diversifier l’économie.

La recapitalisation du 11 août 2025 visait quatre objectifs : redresser les finances pour payer salaires et fournisseurs, relancer l’outil industriel en réhabilitant plantations et usines, rétablir la confiance pour rassurer les investisseurs et stabiliser la gouvernance après la sortie de l’État, et garantir la continuité pour sécuriser les emplois et la production nationale d’huile de palme.

L’impact d’une stagnation de PHC SA

Un blocage des projets structurants de PHC SA aurait des conséquences lourdes. Ralentissement de la modernisation des plantations et des usines. Frein sur la création d’emplois directs et indirects. Réduction de la capacité à investir dans les infrastructures sociales : hôpitaux, écoles, routes. Affaiblissement de la contribution de l’entreprise à la balance commerciale via la production locale d’huile de palme. Fragilisation des zones rurales qui dépendent de l’activité de PHC SA.

En clair, sans dynamique de développement, PHC SA perdrait sa capacité à jouer son rôle moteur dans l’agro-industrie congolaise, avec un risque de stagnation économique et sociale dans ses zones d’implantation.

Tshopo : une province en première ligne

C’est dans la Tshopo que l’inquiétude est la plus forte. PHC SA y reste le premier employeur formel et le principal fournisseur de services sociaux. La société civile et les autorités coutumières alertent. Leur question est simple : si l’entreprise est déstabilisée, que deviendront ces jeunes, ces pères et mères de famille qui ne vivent que de cet emploi ?

Pour des villages entiers, PHC SA constitue l’unique source de revenus. Elle finance les écoles, les centres de santé, les routes. Un coup d’arrêt aux projets de PHC signifierait l’asphyxie économique de la région. Déstabiliser PHC, c’est saper la transformation agricole voulue au sommet de l’État.

Avertissement : toucher à PHC, c’est risquer la régression sociale

L’Intersyndicale, par la voix de Loko Zoa Crispin, prévient : les travailleurs restent pleinement mobilisés derrière leur entreprise.

Si les détracteurs menés par Kalaa Mpinga atteignent leur objectif, les effets seront immédiats, surtout dans la Tshopo. Le blocage des projets structurants priverait des milliers de jeunes de perspectives d’embauche. Les parents verraient leurs revenus stagner, avec un impact direct sur la scolarité et la santé des enfants. Les plans d’actions sociales de développement de la province, largement portés par PHC SA, seraient freinés. Les hôpitaux, les écoles et les routes de desserte agricole en pâtiraient. Les communautés riveraines retomberaient dans une précarité durable.

Ce ne sont pas seulement onze mille emplois. Ce sont des dizaines de milliers de familles qui dépendent de la croissance de PHC SA. Fragiliser l’entreprise, c’est envoyer un signal négatif à tous les investisseurs qui misent encore sur la RDC.

Soutenir PHC SA aujourd’hui, c’est garantir des opportunités pour demain. La recapitalisation est finalisée, légale et responsable. Déstabiliser PHC SA, c’est compromettre l’avenir de onze mille familles congolaises et la stabilité sociale du pays.

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Dimanche 26 avril 2026 - 15:26