RDC : l’expansion des ADF vers la Tshopo se confirme après un massacre à Bafwakao

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Par Patrick Kitoko 

Une attaque d’une extrême violence attribuée aux rebelles islamistes des ADF/ISCAP a endeuillé la localité de Bafwakao, située à une quarantaine de kilomètres de Niania, sur la RN4, dans le territoire de Mambasa. Des dizaines de civils ont été retrouvés décapités, selon des sources locales, illustrant une nouvelle fois la brutalité des méthodes employées par ce groupe armé.

Mais au-delà de l’horreur du bilan humain, cet assaut marque un tournant sécuritaire majeur : il confirme l’avancée progressive des ADF vers la province de la Tshopo, une zone jusqu’ici relativement épargnée par leurs opérations. Cette évolution stratégique suscite de vives inquiétudes parmi les observateurs, qui y voient un signe d’adaptation du groupe face à la pression militaire exercée dans ses bastions traditionnels de l’Ituri et du Nord-Kivu.

Depuis plusieurs mois, des signaux faibles faisaient état de mouvements inhabituels des ADF à la lisière de la Tshopo. L’attaque de Bafwakao apparaît désormais comme une étape franchie dans leur implantation, traduisant une volonté d’ouvrir un nouveau front et d’étendre leur zone d’influence le long d’axes stratégiques tels que la RN4. Cette route, essentielle pour les échanges et les déplacements dans la région, pourrait devenir un corridor d’insécurité si cette dynamique se confirme.

La veille du massacre, les rebelles avaient déjà tenté de reprendre le contrôle de la cité minière de Muchacha, située à proximité. Cette offensive a été repoussée par les FARDC, appuyées par les combattants Wazalendo, déployés récemment pour sécuriser ce site aurifère exploité par la société chinoise Kimia Mining. Cet épisode met en lumière l’intérêt croissant des ADF pour les zones riches en ressources, qui pourraient servir à financer leurs activités.

L’incursion à Bafwakao, conjuguée à la tentative sur Muchacha, suggère ainsi une stratégie plus large : celle d’un redéploiement vers de nouveaux espaces moins militarisés, tout en ciblant des zones économiquement sensibles. Pour les autorités congolaises, le défi est désormais double : contenir cette progression vers la Tshopo et éviter que cette province ne devienne un nouveau foyer d’instabilité durable.

Face à cette menace grandissante, les appels se multiplient pour un renforcement urgent du dispositif sécuritaire et une meilleure anticipation des mouvements des groupes armés, afin de protéger des populations civiles de plus en plus exposées.

Jeudi 2 avril 2026 - 15:49