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Nord-Kivu : l’APDDH condamne l’abattage d’un éléphant à Nyakakoma par le M23 et dénonce la recrudescence du braconnage dans le Parc des Virunga

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Photo d’illustration
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Par la Rédaction

L’Action pour la Promotion et la Défense des Droits Humains (APDDH) a fermement condamné l’abattage d’un éléphant à Nyakakoma, dans la chefferie de Bwisha, territoire de Rutshuru, en province du Nord-Kivu. Dans un communiqué de presse publié, le 5 mai 2026, à Kinshasa, cette organisation de défense des droits humains qualifie cet acte de crime grave contre l’environnement et la biodiversité.

Selon les informations relayées par l’APDDH, un groupe d’éléphants se dirigeait vers un point d’eau pour s’abreuver lorsqu’un individu a été abattu par des éléments armés appartenant au mouvement rebelle M23, soutenu par le Rwanda. L’organisation souligne que cet acte s’inscrit dans un contexte d’insécurité persistante dans la région, affectant non seulement les populations humaines, mais aussi la faune sauvage.

D’après la même source, les auteurs de cet abattage avaient pour objectif de récupérer les défenses de l’animal, communément appelées ivoire, en vue de leur commercialisation illicite. Ils envisageaient également de partager la viande de l’éléphant. Toutefois, leur opération n’a pas abouti grâce à la vigilance et à l’intervention rapide des écogardes de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN).

L’APDDH a salué la bravoure de ces écogardes, dont l’action a permis d’empêcher à la fois le prélèvement de l’ivoire et l’exploitation de la viande. Cette intervention est présentée comme un exemple d’engagement dans la protection de la faune, malgré les risques sécuritaires importants auxquels ces agents sont confrontés au quotidien.

Par ailleurs, l’organisation a attiré l’attention sur la pression croissante exercée sur les aires protégées du Parc national des Virunga. Elle évoque notamment la présence de plus de 400 000 têtes de bétail en provenance d’un pays voisin, introduites dans ces espaces, en particulier dans les territoires de Nyiragongo, Masisi et Rutshuru. À cela s’ajoutent des activités telles que l’exploitation illégale du bois à l’aide de tronçonneuses et la production de braises, qui contribuent à la dégradation de l’écosystème.

L’APDDH rappelle que de tels actes constituent des violations graves du cadre juridique national et international. Elle cite notamment l’atteinte au droit à un environnement sain garanti par la Constitution congolaise, la violation de la loi relative à la conservation de la nature, ainsi que le non-respect des engagements internationaux de la République Démocratique du Congo en matière de protection des espèces menacées.

Au-delà de la perte d’un animal emblématique, l’organisation estime que cet incident met en péril l’équilibre écologique de la région et alimente les réseaux illicites liés au braconnage. Elle appelle ainsi l’ICCN et ses partenaires à renforcer les dispositifs de surveillance, d’intervention rapide et de protection des espèces dans les zones à haut risque, tout en soutenant les efforts de lutte contre la criminalité environnementale dans la province du Nord-Kivu.

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Mercredi 6 mai 2026 - 04:34