Par Patrick Kitoko
À l’heure où le numérique redéfinit les modes de communication et d’information, les FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo) s’adaptent aux défis posés par les réseaux sociaux et l’intelligence artificielle.
Un atelier de sensibilisation organisé au sein de l’état-major de la onzième région militaire a récemment mis en lumière les opportunités, mais aussi les risques liés à ces outils.
Réunissant une centaine d’officiers, de soldats et de personnels civils, cette session a été animée par Antony Mualushayi, capitaine et directeur de la communication de la région militaire. Dans son exposé, il a souligné l’importance croissante des réseaux sociaux dans la vie des militaires, tant pour la communication interne que pour l’image de l’institution auprès du public.
“Les réseaux sociaux peuvent être des outils puissants, mais ils doivent être utilisés avec responsabilité”, a-t-il expliqué, mettant en avant leur potentiel pour renforcer la cohésion entre militaires et valoriser les actions de l’armée.
Cependant, l’officier a également insisté sur les dangers liés à une utilisation non maîtrisée. Il a averti que la diffusion de contenus sensibles ou inappropriés pouvait compromettre des opérations militaires et offrir un avantage stratégique à l’ennemi.
Plusieurs exemples ont été évoqués, notamment des images circulant en ligne montrant des soldats dans des situations compromettantes, parfois sur le terrain et parfois en état d’ébriété en public. Des comportements qui, selon lui, nuisent gravement à la réputation de l’armée.
Pour encadrer ces pratiques, des règles strictes ont été rappelées. Parmi elles, l’interdiction formelle d’utiliser des téléphones ou de prendre des photos et vidéos dans les zones opérationnelles et les installations militaires, conformément aux directives du commandement. Le capitaine a également mentionné l’ordonnance-loi n°23/10 du 13 mars 2023 portant Code du numérique, qui sanctionne la diffusion de fausses informations ou de contenus nuisibles en ligne.
Au-delà des aspects réglementaires, le message principal de cet atelier reposait sur la vigilance et le discernement.
“Nos ennemis sont aussi présents sur les réseaux sociaux. Ils mènent une guerre psychologique sans merci”, a-t-il prévenu, appelant les militaires à faire preuve d’esprit critique face aux contenus numériques, en particulier ceux générés ou manipulés par l’intelligence artificielle.
La rencontre s’est achevée par un échange interactif, au cours duquel les participants ont exprimé leur intérêt pour ces enjeux contemporains. Beaucoup ont plaidé pour la tenue régulière de telles sessions de sensibilisation afin de mieux préparer l’ensemble des effectifs aux défis du numérique.
Face à un environnement informationnel en constante évolution, les FARDC semblent déterminées à renforcer la discipline numérique de leurs troupes, un enjeu désormais stratégique dans les conflits modernes.