Walikale : à Kibua, la crise humanitaire s'aggrave entre choléra, menace d'Ebola et afflux massif de déplacés

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Par Denise Kyalwahi

La situation sanitaire se dégrade dans la zone de santé de Kibua, en territoire de Walikale au Nord-Kivu. Plus de vingt personnes y sont décédées au cours des trois derniers mois.

Face à cette détérioration, l'organisation Terres, Environnement pour le Développement Endogène, TEDE-RDC, lance un appel urgent aux autorités et aux partenaires humanitaires. Elle demande le renforcement des interventions dans cette région fortement affectée par les déplacements de populations.

L'alerte a été donnée par André Ushindi Nkango, chef de base de TEDE-RDC à Walikale. Il dénonce une situation sanitaire critique dans la localité de Ntoto et ses environs. Selon lui, l'absence de moyens adéquats de sensibilisation et de prévention aggrave les risques épidémiques au sein des communautés déplacées.

La zone de santé de Kibua est l'une des quatre zones sanitaires du territoire de Walikale, avec Walikale, Pinga et Itebero. Elle subit aujourd'hui une pression humanitaire sans précédent. Les localités de Ntoto Centre, Kilungu-Buoye et Langira accueillent plus de 30 000 ménages déplacés, fuyant les violences et l'insécurité dans différentes parties du territoire.

Dans ces sites, les conditions de vie restent extrêmement précaires. Le manque d'accès à l'eau potable, aux infrastructures d'assainissement et aux services de santé favorise la propagation de maladies hydriques. Plusieurs cas de choléra continuent d'être signalés.

« La situation reste très critique », avertit André Ushindi Nkango. Il souligne que les relais communautaires et les équipes locales de sensibilisation travaillent avec des moyens limités pour informer les populations sur les mesures de prévention.

Au-delà du choléra, une autre menace inquiète les acteurs locaux : le risque de propagation de la maladie à virus Ebola, souche Bundibugyo. Selon TEDE-RDC, une grande partie des déplacés ignore encore les modes de transmission et les gestes de prévention liés à cette épidémie, faute de campagnes d'information suffisantes dans les zones reculées.

L'organisation estime que cette absence d'information pourrait favoriser la propagation simultanée des deux maladies dans des communautés déjà fragilisées par les déplacements et les conditions de vie difficiles.

Tout en saluant les efforts déployés par l'Organisation mondiale de la Santé, OMS, et par les autres acteurs sanitaires engagés dans la lutte contre les épidémies en RDC, TEDE-RDC appelle à une attention particulière pour les populations vivant dans les zones enclavées du territoire de Walikale.

L'organisation plaide pour un renforcement des activités de sensibilisation, la distribution de kits d'hygiène, l'amélioration de l'accès à l'eau potable et la mise en place de structures sanitaires adaptées afin de répondre aux besoins croissants des déplacés.

Pour les acteurs communautaires, une intervention rapide reste indispensable afin d'éviter une aggravation de la crise sanitaire et humanitaire qui menace aujourd'hui des milliers de familles dans la zone de santé de Kibua.

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Samedi 30 mai 2026 - 10:22