Beni : le BCNUDH condamne le massacre de six Mbuti à Ngadi et exige une enquête indépendante

Catégorie
Image
La ville de Beni [photo d'illustration]
La ville de Beni [photo d'illustration]

Par Gloire Balolage

Le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) a condamné l’attaque survenue dans la nuit du 30 au 31 mai 2026 contre un campement de la communauté autochtone Mbuti à Ngadi, commune de Ruwenzori, territoire de Beni, au Nord-Kivu. Dans un communiqué, l’institution onusienne dénonce un acte d’une extrême gravité visant une population déjà exposée aux conséquences du conflit.

Selon le BCNUDH, l’attaque a été menée par des combattants des Forces démocratiques alliées, ADF. Le bilan provisoire fait état d’au moins sept civils tués, dont six membres de la communauté Mbuti. Une femme figure parmi les victimes. Le comédien Shukrani Nzanzu Mangese a perdu la vie dans cette attaque, aux côtés de plusieurs membres de sa famille.

Plusieurs personnes demeurent introuvables après l’assaut. Cette situation suscite une vive inquiétude sur le sort des disparus et la sécurité des habitants d’une zone confrontée depuis des années à des violences répétées. Le BCNUDH exprime sa compassion aux familles endeuillées et à toute la communauté Mbuti.

L’organisation souligne que cette attaque intervient dans un contexte d’insécurité persistante à Beni. Les peuples autochtones figurent parmi les groupes les plus vulnérables. Selon le BCNUDH, ces communautés subissent des déplacements forcés loin de leurs terres ancestrales et rencontrent d’importantes difficultés d’accès à l’aide humanitaire.

Le Bureau conjoint rappelle que la RDC s’est dotée en 2022 d’une loi portant protection et promotion des droits des peuples autochtones. Il insiste sur la responsabilité des autorités congolaises de garantir la sécurité de tous les citoyens, avec une attention particulière aux populations historiquement marginalisées.

Le communiqué met aussi en lumière l’ampleur des exactions attribuées aux ADF dans l’est du pays. Depuis janvier 2026, plus de 300 civils auraient été exécutés sommairement en Ituri et au Nord-Kivu. Ces chiffres traduisent la persistance d’une menace sécuritaire majeure.

Face à cette tragédie, le BCNUDH appelle les autorités à diligenter une enquête indépendante, rapide et impartiale pour identifier les responsables et les traduire en justice.

L’institution plaide pour un renforcement immédiat de la protection des civils, la sécurisation des espaces de vie des peuples autochtones et une assistance humanitaire urgente aux survivants et aux familles affectées. Elle réaffirme son engagement à soutenir la promotion des droits humains et la lutte contre l’impunité en RDC.

Étiquettes
Jeudi 4 juin 2026 - 11:30