Par Denise Kyalwahi
L’organisation de médias La Prunelle RDC ASBL a condamné lundi l’interpellation de son journaliste et correspondant permanent dans les territoires de Kamituga et Mwenga, Mukamba Mulebelwa Big-Merci, survenue samedi 6 juin à Kamituga, au Sud-Kivu.
Dans un communiqué publié à Bukavu, l’organisation exprime sa « vive préoccupation » face à cette interpellation qu’elle qualifie d’arbitraire, alors que le journaliste exerçait ses fonctions.
Selon La Prunelle RDC, le journaliste couvrait une activité communautaire d’assainissement, appelée « salongo », lorsqu’il a été interpellé par des éléments des Forces armées de la RDC (FARDC).
Au cours de l’incident, son téléphone et d’autres outils de travail ont été saisis. Le journaliste a aussi été privé de liberté pendant plusieurs heures et menacé d’un transfert en détention.
D’après l’organisation, ce n’est qu’après l’intervention de plusieurs autorités civiles et sécuritaires, notamment le maire de Kamituga et le commandement de la Police nationale congolaise (PNC), que le journaliste a été libéré. Son téléphone lui a ensuite été restitué alors qu’il se trouvait déjà à l’auditorat militaire de garnison.
Un appel au respect de la liberté de la presse
La Prunelle RDC rappelle que la profession journalistique est protégée par la Constitution de la RDC, la loi sur la liberté de la presse et plusieurs instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits humains et à la liberté d’expression.
Pour l’organisation, cet incident suscite des inquiétudes dans un contexte où les journalistes jouent un rôle essentiel dans l’information des populations et la consolidation de la paix.
« Les journalistes ne devraient jamais être inquiétés pour avoir exercé leur mission d’information dans le respect des lois de la République. La liberté de la presse demeure l’un des piliers fondamentaux de tout État démocratique et de toute société attachée aux droits et libertés fondamentales », a déclaré Claudine Kitumaini, directrice exécutive de La Prunelle RDC.
L’organisation estime que toute restriction injustifiée du travail des journalistes constitue aussi une atteinte au droit du public à une information libre, indépendante et pluraliste.
Renforcer la protection des professionnels des médias
La directrice exécutive de La Prunelle RDC a insisté sur la nécessité de garantir un environnement de travail sécurisé pour les professionnels des médias.
« Dans un contexte où les communautés ont besoin d’informations fiables et vérifiées, il est essentiel que les professionnels des médias puissent accomplir leur travail sans intimidation, sans menace et sans crainte de représailles », a-t-elle souligné.
Tout en saluant la libération de son journaliste et la restitution de ses effets, l’organisation appelle les autorités compétentes à renforcer les mécanismes de protection des journalistes et à sensibiliser les services de sécurité sur le rôle des médias dans la promotion de la paix, de la cohésion sociale et de la gouvernance démocratique.
Le rôle des médias rappelé
La Prunelle RDC rappelle que les médias demeurent des acteurs indispensables dans la promotion de la transparence, du dialogue communautaire, de la cohésion sociale et du développement durable.
« Les médias constituent des partenaires essentiels dans la promotion de la paix, de la cohésion sociale et du développement. Leur travail mérite d’être protégé et respecté en toutes circonstances », a ajouté Claudine Kitumaini.
L’organisation réaffirme son engagement en faveur de la liberté de la presse, de la sécurité des journalistes et du droit des citoyens à une information de qualité. Elle continuera à suivre l’évolution de cette situation tout en poursuivant son plaidoyer pour un journalisme libre, responsable et au service de l’intérêt public.