Est de la RDC : le rapport des Nations Unies décrit un lourd bilan d’exactions attribuées à l’AFC/M23

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Les rebelles de l'AFC/M23 [photo d'illustration]
Les rebelles de l'AFC/M23 [photo d'illustration]

Par la Rédaction

Le rapport final du Groupe d’experts des Nations Unies, publié le 30 juin 2026, dresse un constat alarmant sur la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo. Les experts y désignent l’AFC/M23 comme le principal groupe armé non étatique responsable de la majorité des violations du droit international humanitaire documentées dans cette partie du pays. Le document met également en lumière le rôle des Forces de défense rwandaises (RDF), présentées comme un acteur « crucial » et indispensable aux opérations de ce mouvement armé.

Selon le rapport, la force de combat de l’AFC/M23 est estimée à environ 30 000 combattants, répartis dans trois zones de défense placées sous les commandements de Baudouin Ngaruye, Justin Gacheri Musanga et Bertrand Byamungu. Cette force bénéficierait de l’appui de la RDF, dont les effectifs sont estimés entre 14 000 et 18 000 soldats déployés dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu en décembre 2025. Les experts précisent qu’aucun retrait notable de ces troupes n’a été observé après cette période.

Le document indique que la RDF ne se limite pas à un rôle de soutien. Les forces rwandaises occupent des positions stratégiques avancées et participent directement aux opérations militaires. Elles auraient notamment mené des offensives en utilisant des drones, des équipements de guerre électronique ainsi que des forces spéciales. Les experts présentent ainsi la RDF comme un élément déterminant des capacités militaires de l’AFC/M23 dans l’est de la RDC.

Le rapport revient également sur l’offensive lancée contre Uvira à la fin du mois de novembre 2025. Cette opération, conduite sous le commandement direct de Sultani Makenga et de Bertrand Byamungu, aurait été coordonnée avec un rôle clé du général rwandais à la retraite James Kabarebe. Selon les conclusions des experts, cette offensive visait le contrôle total de la province du Sud-Kivu.

Les experts des Nations Unies affirment par ailleurs que la RDF a ciblé des zones où aucune présence des FDLR n’avait été signalée, notamment à Uvira. Cette observation, soulignent-ils, remet en question le bien-fondé de l’argument de la légitime défense avancé par Kigali pour justifier son intervention militaire sur le territoire congolais.

Le rapport recense également de nombreuses exactions attribuées à l’AFC/M23, notamment des exécutions systématiques, la destruction de villages, ainsi que l’incendie de moyens de subsistance dans les chefferies de Bwito et de Bwisha, dans le territoire de Rutshuru. Il évoque également un blocus humanitaire à Minembwe ayant privé la population banyamulenge de l’accès aux produits de première nécessité.

Les experts indiquent en outre que les violences sexuelles liées au conflit ont atteint des niveaux qualifiés de « sans précédent » depuis 2024. L’AFC/M23 est présenté comme le principal auteur de ces violences recensées par les Nations Unies, les femmes et les filles étant les premières victimes.

Enfin, le Groupe d’experts souligne que les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) constituent, de leur côté, le principal acteur étatique responsable de violations du droit international humanitaire. Cette double mise en cause de l’AFC/M23 et des FARDC, concluent les experts, illustre la complexité du conflit dans l’est de la RDC et met en évidence la responsabilité des différents belligérants dans les violences documentées par les Nations Unies.

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Mercredi 1 juillet 2026 - 09:39