Par Serge Mavungu
La République démocratique du Congo, (RDC), franchit une nouvelle étape dans la lutte contre l'épidémie d'Ebola causée par le virus Bundibugyo. À travers l'Institut national de recherche biomédicale, (INRB), la RDC lance ce 14 juillet 2026 un essai clinique baptisé EBO-PEP, destiné à évaluer l'efficacité d'un traitement préventif pour les personnes exposées au virus.
D'après un communiqué conjoint de l'Institut national de recherche biomédicale (INRB), de l'ANRS Maladies infectieuses émergentes (ANRS MIE) et de l'ONG ALIMA, publié le 14 juillet 2026, cet essai constitue la première étude clinique visant à évaluer une prophylaxie post-exposition (PEP) contre le virus Ebola Bundibugyo. L'objectif est de protéger les personnes ayant eu un contact direct avec un malade confirmé et d'empêcher l'apparition de la maladie.
Selon les données de l'Institut national de santé publique (INSP), au 9 juillet 2026, l'épidémie avait déjà provoqué 600 décès et 1 759 cas en RDC et en Ouganda. En l'absence de vaccin ou de traitement spécifique disponible contre cette souche du virus, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a recommandé l'évaluation rapide de nouvelles solutions thérapeutiques et préventives.

L'essai repose sur l'administration de l'obeldesivir, un antiviral expérimental développé par le laboratoire américain Gilead Sciences. Administré par voie orale, ce médicament a montré des résultats encourageants contre plusieurs filovirus, dont le virus Bundibugyo, lors d'études précliniques.
En RDC, les premiers participants sont recrutés en Ituri, épicentre de l'épidémie, dans les centres dédiés à la prophylaxie post-exposition installés près des centres de traitement Ebola à Bunia et Rwampara. Près de 1 000 personnes, âgées de plus de 12 ans et ayant été exposées directement au virus dans les cinq jours précédents, devraient participer à cette étude.
Un autre protocole est également prévu pour les enfants de moins de 12 ans ainsi que les femmes enceintes ou allaitantes. Ces catégories recevront, à titre compassionnel, le remdesivir, les données disponibles sur l'obeldesivir n'étant pas encore suffisantes pour leur utilisation.
Le projet bénéficie d'un soutien international important. Africa CDC apporte un financement direct d'un million de dollars, tandis que la RDC et l'Afrique du Sud ont mobilisé cinq millions de dollars supplémentaires pour accompagner cette initiative scientifique.
Pour l'Organisation mondiale de la santé, si les résultats sont concluants, cette approche pourrait devenir un outil majeur pour empêcher la maladie chez les personnes exposées au virus, en complément du suivi des personnes ayant été en contact avec des malades et de la mobilisation communautaire.
Au-delà de la lutte contre l'épidémie actuelle, EBO-PEP vise également à renforcer les capacités de recherche clinique en Afrique à travers la formation des équipes locales et le développement des compétences nécessaires pour mieux répondre aux futures urgences sanitaires.