Par Prosper Buhuru
La société civile du Sud-Kivu alerte sur une série d’exactions qu’elle affirme avoir été commises contre des civils dans plusieurs zones contrôlées de facto par l’AFC/M23. Dans un communiqué rendu public, ce vendredi 25 septembre 2026, son Bureau de coordination provincial fait état notamment de plusieurs meurtres, de violences physiques, de violences sexuelles présumées, de détentions et d’enrôlements forcés.
Dans le groupement de Kaniola, en chefferie de Ngweshe, territoire de Walungu, l’organisation affirme avoir recueilli des informations faisant état de violences contre les populations depuis mai 2026. Elle met notamment en cause un colonel identifié sous le nom de Charles Kagigi, auquel elle attribue plusieurs exactions, dont des passages à tabac, la perception de taxes sous la menace et des restrictions imposées aux déplacements des habitants.
Le dernier incident rapporté remonte à la soirée du jeudi 24 septembre. Selon la société civile, trois civils ont été tués vers 20h30 après avoir été violemment battus. L’organisation identifie les victimes comme Birhalugurha Kulimushi Jules, 55 ans, Bashokwire Kulimushi Isaac, 35 ans, et Bizimana Ciragiza, 36 ans. Elle affirme que ces personnes revenaient du match opposant la RDC à la Guinée.
Dans le groupement de Mulamba, à Luntukulu, la société civile dit également avoir reçu des alertes concernant plusieurs assassinats de civils. Elle avance le chiffre de plus de dix cas enregistrés au cours du mois de septembre, sans fournir dans son communiqué de documentation permettant de vérifier indépendamment ce bilan. Des cas de bastonnades, de viols et d’enrôlement forcé de jeunes sont également rapportés.
L’organisation étend ses préoccupations à plusieurs autres localités, notamment Nshesha, Mudusa, Makwale, Cahi et Murhanga, où elle affirme que les habitants vivent dans un climat de peur en raison des violences présumées.
Un autre cas est signalé à Kange, dans le groupement de Luciga, en chefferie de Luhwinja. D’après la Société civile, des hommes présentés comme des policiers de l’AFC/M23, positionnés à Munanira, auraient agressé à coups de bâton et de couteau un civil identifié comme Bisasi Cinigi, jeudi 24 septembre. La victime aurait été conduite dans une structure médicale de la région dans un état jugé préoccupant par l’organisation.
Face à ces accusations, la société civile du Sud-Kivu interpelle les dirigeants de l’AFC/M23 ainsi que les autorités congolaises et demande des mesures pour assurer la protection des civils. Elle appelle également la communauté internationale, les Nations unies, l’Union africaine, le BCNUDH et les organisations de défense des droits humains à suivre la situation dans les zones concernées.
Dans son communiqué, l’organisation considère que les faits dénoncés relèvent de violations graves du droit international humanitaire et demande que les responsables présumés répondent de leurs actes devant les juridictions compétentes.
La société civile demande enfin à l’AFC/M23, qui exerce de facto son contrôle sur les zones concernées, de faire cesser les violences contre les populations civiles et au gouvernement congolais de renforcer les mécanismes de protection des habitants du Sud-Kivu.