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Kalemie-Manono : une société chinoise lorgne sur le retour au péage de 1 222 dollars au détriment des usagers

sam 24/10/2026 - 11:40
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De grands camions sont visibles sur l’axe routier Kalemie-Manono, un corridor stratégique pour le transport des marchandises et les échanges commerciaux
De grands camions sont visibles sur l’axe routier Kalemie-Manono, un corridor stratégique pour le transport des marchandises et les échanges commerciaux

Par Gloire Balolage

La question du péage sur l'axe routier Kalemie-Manono, dans la province du Tanganyika, remet au centre du débat les intérêts économiques de la société chinoise Huipeng et les préoccupations des usagers. Après la réduction du tarif de 1 222 à 200 dollars par véhicule, la perspective d'un retour à l'ancien montant soulève des interrogations sur les conditions de récupération des investissements annoncés par l'entreprise et sur les conséquences d'une telle hausse pour la population.

Longue de 446 kilomètres, cette route relie les routes nationales RN33 et RN5. Au-delà du montant du péage, plusieurs questions restent posées sur la conformité de l'infrastructure, la transparence des investissements annoncés et les garanties d'entretien. Pour les usagers, l'enjeu est de ne pas supporter une charge financière supplémentaire alors que l'état de certaines portions de la route continue de susciter des préoccupations.

L'état de la route en question

Sur le terrain, certains tronçons situés à une cinquantaine de kilomètres de Kalemie, ainsi que la route menant au port de Mutoa, seraient toujours en mauvais état, selon les constats rapportés dans le document initial. Cette situation soulève des interrogations sur les conditions d'application du péage, alors que la réception de certains travaux et la conformité de la route sont mises en doute.

La question de la justification légale du péage se pose également pour les portions qui ne répondraient pas encore aux exigences attendues. Dans ces conditions, le maintien d'un tarif élevé, ou un éventuel retour au montant initial de 1 222 dollars, nécessiterait des explications claires sur l'état réel de l'infrastructure et les prestations fournies aux usagers.

Des investissements annoncés qui appellent des explications

Huipeng affirme avoir investi 537 millions de dollars dans ce projet. Toutefois, la première phase des travaux est décrite dans le document comme un simple revêtement en terre. Ce décalage apparent entre le montant annoncé et la nature des travaux réalisés alimente les interrogations sur la politique tarifaire et les modalités de récupération des investissements.

La question est notamment de savoir comment les coûts engagés sont évalués, quelles obligations incombent à l'entreprise et dans quelle mesure les tarifs appliqués tiennent compte de l'état de la route. La transparence sur ces différents aspects apparaît essentielle pour permettre aux usagers de comprendre les raisons qui justifieraient le niveau du péage.

L'entretien de l'axe constitue une autre préoccupation, particulièrement à l'approche de la saison des pluies. Huipeng est appelée à préciser les dispositions prévues pour garantir la circulation sur cette route, ainsi que les mesures envisagées en cas de dégradation importante ou d'impraticabilité. La possibilité d'une révision des frais de péage dans de telles circonstances figure également parmi les questions soulevées.

Dans ce contexte, la recherche de rentabilité de l'entreprise ne peut être dissociée des préoccupations des usagers. Un éventuel retour au tarif de 1 222 dollars représenterait une charge bien plus importante que celle actuellement appliquée. Pour les transporteurs, les commerçants et les autres utilisateurs de cet axe, une telle évolution pourrait peser sur les coûts de transport et, indirectement, sur les prix des marchandises et des services.

Le tarif de 200 dollars toujours en vigueur

Sur le plan tarifaire, la réduction du péage de 1 222 à 200 dollars, décidée par l'arrêté du 12 juin 2026 du ministre d'État John Banza Lunda, demeure effective, selon les informations contenues dans le document initial. Cette baisse représente une réduction de près de 84 %, appliquée notamment aux postes de Kachelewa et de Tundwa.

Au cabinet du ministre d'État, un collaborateur ayant requis l'anonymat a assuré que le tarif réduit serait maintenu, malgré les pressions évoquées.

Cette position place la question du péage au cœur d'un enjeu économique et social. Alors que le tarif de 200 dollars reste en vigueur selon les informations disponibles, tout projet de retour à l'ancien montant devrait être clarifié au regard des décisions ministérielles, des obligations liées à l'exploitation de la route et des conséquences pour les usagers.

Contactée à plusieurs reprises par la rédaction, la société Huipeng n'avait pas encore accordé d'interview au moment de la rédaction du document initial. Sa position sur les préoccupations liées à l'état de la route, aux investissements annoncés, à l'entretien et à l'évolution du péage reste donc attendue.

La population au cœur des enjeux du péage

Au-delà de la rentabilité du projet routier, la question centrale reste celle de l'équilibre entre les intérêts économiques de Huipeng et les capacités financières des usagers. Les investissements annoncés par l'entreprise doivent être examinés en tenant compte de l'état de l'infrastructure, de la qualité des travaux et des garanties d'entretien offertes sur cet axe stratégique.

Le maintien du péage à 200 dollars constitue, selon les informations disponibles, la situation tarifaire actuelle. Dans ces conditions, la perspective d'un retour à 1 222 dollars, si elle devait se concrétiser, soulèverait de nouvelles interrogations sur la protection des usagers et sur les critères retenus pour fixer le montant exigé.

La transparence sur les coûts, les travaux réalisés et les obligations contractuelles apparaît dès lors indispensable. Pour la population et les opérateurs économiques qui empruntent la route Kalemie-Manono, l'enjeu est de pouvoir bénéficier d'une infrastructure praticable et entretenue sans supporter une charge disproportionnée au regard du service rendu.

Samedi 24 octobre 2026 - 11:40