Aller au contenu principal

Riposte sanitaire en RDC : l’Institut National de Santé publique maintient la pression face à Ebola, au choléra et à la rougeole

mar 27/10/2026 - 12:33
Image
Le directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP), le Dr Dieudonné Mwamba Kazadi, entouré de plusieurs participants à la réunion de coordination stratégique multisectorielle consacrée à l’évolution de la situation épidémiologique en RDC.
Le directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP), le Dr Dieudonné Mwamba Kazadi, entouré de plusieurs participants à la réunion de coordination stratégique multisectorielle consacrée à l’évolution de la situation épidémiologique en RDC.

Par Serge Mavungu

La lutte contre les principales épidémies en République démocratique du Congo reste marquée par des évolutions contrastées. Alors que les cas de choléra et de rougeole enregistrent une tendance à la baisse, la maladie à virus Ebola continue de nécessiter des interventions ciblées. Cette situation a été au centre de la réunion de coordination stratégique multisectorielle de la semaine 42, organisée à la Direction générale de l’Institut national de santé publique (INSP).

Les échanges ont porté sur l’évolution de ces trois urgences sanitaires, les résultats des interventions en cours et les mesures à renforcer pour mieux maîtriser leur propagation.

Ebola : cibler les zones les plus touchées

Avec plus de 9 600 cas cumulés et plus de 4 500 décès, soit une létalité avoisinant les 48 %, l’épidémie de maladie à virus Ebola demeure une préoccupation majeure. Plus de 2 500 personnes ont toutefois été déclarées guéries, tandis que le suivi des contacts atteint environ 87 %.

Huit provinces sont concernées par l’épidémie. Des signes d’amélioration sont néanmoins relevés dans certaines zones, notamment au Sud-Kivu, où aucun nouveau cas n’a été signalé depuis plusieurs mois. Trois autres provinces n’ont pas non plus rapporté de nouveaux cas durant la période examinée.

Pour renforcer l’efficacité de la riposte, les interventions seront concentrées dans les cinq zones de santé qui regroupent près de 80 % des cas recensés, notamment Katwa, afin d’intensifier les actions sur le terrain et d’inverser la tendance épidémiologique.

En parallèle, une revue intra-action est annoncée dans la province de la Tshopo. Cette évaluation à mi-parcours de la riposte contre le 17ᵉ épisode d’Ebola devra permettre de relever les difficultés rencontrées sur le terrain et d’adapter les stratégies aux réalités opérationnelles.

Choléra : le recul des cas ne dissipe pas les risques

La situation du choléra présente une évolution favorable, sans pour autant justifier un relâchement de la surveillance. Au cours de la semaine 42, environ 2 057 cas ont été enregistrés, contre près de 2 300 la semaine précédente.

La maladie reste cependant fortement concentrée dans l’Est du pays. Cinq provinces endémiques de cette partie du territoire représentent à elles seules plus de 85 % des cas signalés à l’échelle nationale.

À Kinshasa, les trois cas détectés dans la zone de santé de Kingabwa constituent un signal qui appelle à la vigilance. La promiscuité et les conditions d’insalubrité figurent parmi les facteurs de risque nécessitant une attention particulière. Les équipes sanitaires poursuivent ainsi leurs efforts de surveillance afin de limiter les risques de propagation.

Dans le cadre de la prévention, une campagne de vaccination contre le choléra est prévue à partir du 3 novembre le long du corridor fluvial reliant la République démocratique du Congo à la République du Congo.

Rougeole : les indicateurs passent sous le seuil fixé

La rougeole affiche également une évolution encourageante. Quelque 413 cas ont été rapportés durant la semaine 42, un bilan inférieur à celui de la semaine précédente et au seuil opérationnel de 500 cas retenu comme objectif.

Cette amélioration conduit les équipes à examiner les conditions d'une désactivation progressive du Système de gestion des incidents (SGI). Le processus envisagé prévoit le transfert des activités vers les structures sanitaires habituelles, tout en maintenant les capacités nécessaires à la surveillance et à la réponse aux éventuels nouveaux cas.

L’enjeu consiste à consolider les progrès réalisés sans compromettre la continuité des interventions sanitaires.

Préserver les acquis de la riposte

Au terme de la réunion, les participants ont insisté sur la nécessité de maintenir la coordination entre les différents secteurs concernés, de concentrer les moyens sur les zones les plus affectées et de poursuivre les efforts de surveillance.

Si le recul des cas de choléra et de rougeole constitue un signal positif, la persistance de l’épidémie d’Ebola impose de maintenir des interventions soutenues et adaptées à l’évolution de la situation.

À travers cette coordination stratégique, l’Institut national de santé publique entend poursuivre son rôle dans le suivi de la situation épidémiologique et l’harmonisation des interventions visant à protéger les populations congolaises.

Mardi 27 octobre 2026 - 12:33