Par la Rédaction
Le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) a documenté 464 violations et atteintes aux droits humains en République démocratique du Congo au cours du mois de juillet 2026, ayant affecté au moins 1 081 victimes. Ce bilan représente une baisse de 30 % des violations documentées par rapport au mois de juin, où 657 cas avaient été recensés.
Dans son communiqué de presse publié sur les principales tendances des violations des droits humains en juillet, le BCNUDH précise que plus de 90 % des cas ont été enregistrés dans les provinces affectées par les conflits armés, notamment le Nord-Kivu avec 270 violations et atteintes, le Sud-Kivu avec 89 et l’Ituri avec 52.
Le Bureau onusien souligne toutefois que cette baisse ne signifie pas nécessairement une amélioration de la situation des droits humains. Elle pourrait notamment s’expliquer par l’insécurité, qui a contraint certaines sources d’information à quitter les zones de conflit, réduisant ainsi les capacités de collecte et de vérification des allégations.
Dans les provinces non affectées par les conflits armés, le BCNUDH a recensé 47 violations et atteintes aux droits humains, soit une diminution de 43 % par rapport au mois précédent. Ces faits sont notamment liés à l’usage excessif de la force par certains membres des forces de défense et de sécurité, ainsi qu’aux défaillances persistantes des mécanismes de redevabilité.
Le Nord-Kivu particulièrement touché par les violences sexuelles
Le rapport fait également état d’au moins 41 cas de violences sexuelles liées au conflit, ayant affecté 76 victimes, dont 42 femmes et 34 filles, en juillet 2026. Le BCNUDH estime que ces chiffres ne révèlent aucune évolution significative par rapport au mois de juin, qui avait enregistré 46 cas touchant 73 victimes.
Le Nord-Kivu concentre 75 % des victimes recensées, soit 57 personnes, parmi lesquelles 38 femmes et 19 filles. L’Ituri représente 15 % des victimes, avec 11 personnes, tandis que le Sud-Kivu en compte sept, soit environ 9 %. Une fille victime de viol a également été recensée au Maniema.
Les atteintes à l’espace civique persistent
Au cours de la même période, le BCNUDH a documenté 15 violations et atteintes aux droits humains liées à l’espace civique, ayant fait sept victimes, dont un garçon. Malgré une baisse par rapport au mois précédent, le Bureau souligne la persistance de ces violations.
En matière de protection individuelle, six cas de menaces ont été documentés : deux impliquant des agents de la Police nationale congolaise (PNC), un des autorités judiciaires et trois des membres de groupes armés. Ces incidents ont été enregistrés dans le Haut-Uélé, la Mongala et le Nord-Kivu.
À la suite de l’examen de ces situations, sept bénéficiaires, dont six défenseurs des droits humains et un journaliste, ont reçu des conseils en autoprotection, ainsi qu’un accompagnement en matière de plaidoyer et de suivi. Par ailleurs, 18 autres allégations de menaces, impliquant 11 femmes et sept hommes, étaient encore en cours d’évaluation. Elles avaient été signalées au Nord-Kivu, au Sud-Kivu, en Ituri et dans la Tshopo.
Six militaires condamnés à mort
Dans le cadre de la lutte contre l’impunité, les juridictions militaires ont engagé 18 poursuites judiciaires contre neuf militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), quatre agents de la PNC et cinq civils.
Selon le BCNUDH, ces procédures ont abouti à la condamnation de la quasi-totalité des prévenus, à l’exception de deux civils qui ont été acquittés. Six militaires des FARDC ont été condamnés à la peine de mort.
À travers ce suivi mensuel, le BCNUDH entend documenter les tendances des violations des droits humains et partager ses observations avec les autorités compétentes afin de favoriser les mesures nécessaires, notamment en matière de protection des victimes et de lutte contre l’impunité.