Par Gloire Balolage
Au-delà de la prise en charge médicale, la lutte contre Ebola passe également par l'accompagnement psychologique des malades et de leurs proches. À Butembo, au Nord-Kivu, Médecins Sans Frontières (MSF) renforce son dispositif de soutien psychosocial dans les centres de traitement afin d'aider les familles à surmonter l'angoisse, l'isolement et les conséquences émotionnelles de l'hospitalisation.
Dans un communiqué rendu public ce vendredi 30 octobre 2026, l'organisation humanitaire met en lumière le parcours de Kasoki Zawadi, qui accompagne quotidiennement son mari, Victoire, hospitalisé au centre de traitement Ebola de Kitatumba. Séparée de son époux par une vitre en plexiglas, elle parvient néanmoins à communiquer avec lui, une présence qui contribue à réduire son stress durant cette période difficile.
À Butembo, MSF rappelle que 1 472 cas d'Ebola ont été confirmés et 735 décès recensés entre mai et le 22 octobre 2026. Cette épidémie frappe une population déjà fragilisée par l'insécurité, les déplacements de personnes et les difficultés économiques. Dans ce contexte, l'hospitalisation représente une épreuve supplémentaire pour les malades et leurs familles.
Pour répondre à ces difficultés, les équipes de santé mentale de MSF interviennent dès l'admission des patients. Elles écoutent leurs inquiétudes, expliquent le fonctionnement des centres de traitement et organisent des visites permettant aux proches de maintenir un lien avec les personnes hospitalisées.
À Butembo, Patrice Muyisa Kokotz, superviseur du service de santé mentale, souligne l'importance de cet accompagnement pour les personnes confrontées à la peur de la maladie et à l'incertitude liée à leur hospitalisation. Selon lui, permettre aux patients et à leurs familles de s'exprimer et de comprendre les soins contribue à les rassurer.
La psychologue clinicienne Rachel Kashimoto, qui travaille avec MSF à Beni, insiste également sur les conséquences psychologiques de la maladie à virus Bundibugyo. Elle explique que le stress et la peur permanente de mourir peuvent affecter l'état des patients, tandis qu'un accompagnement psychologique adapté peut favoriser leur stabilité et leur adhésion aux consignes médicales.
L'accompagnement de MSF se poursuit également après la guérison. À Mongbwalu, en Ituri, les patients sortis des centres bénéficient d'un suivi médical et psychologique à travers une structure appelée « clinique des survivants ». Ce dispositif permet notamment de prévenir d'éventuelles complications et d'aider les anciens malades à faire face à la stigmatisation, au rejet communautaire et aux difficultés de réintégration sociale.