Par Gloire Balolage
Le cycliste congolais Miguel Mumbere Masaï-Saï, décédé le 18 septembre 2026, sera conduit à sa dernière demeure ce jeudi 22 octobre à Kinshasa. Les obsèques officielles de cet athlète, connu pour son engagement en faveur de la paix et sa solidarité envers les populations victimes des violences dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), sont organisées conjointement par le ministère des Sports et Loisirs et la Fédération de cyclisme du Congo (FECOCY).
Selon un communiqué rendu public le mardi 20 octobre, les cérémonies officielles de recueillement et d'hommage national sont prévues à l'hôpital du Cinquantenaire, dans la capitale congolaise. Cette cérémonie doit permettre aux autorités, aux acteurs du monde sportif, aux jeunes et aux différentes composantes de la société de rendre un dernier hommage à celui qui avait choisi le cyclisme comme moyen de porter un message de paix.
Les obsèques de Miguel Mumbere Masaï-Saï devraient également être marquées par la présence de hautes autorités de la République démocratique du Congo, notamment le président de la République, Félix Tshisekedi, et la Première ministre, Judith Suminwa. Leur présence est un signal de reconnaissance nationale envers le parcours de ce cycliste qui avait choisi de mettre sa passion au service de la paix et de la solidarité avec les populations victimes des violences dans l'Est du pays.
La veille de ces cérémonies, une veillée mortuaire est prévue ce mercredi 21 octobre dans la salle de banquet du stade Tata Raphaël, à Kinshasa. Ces moments de recueillement précèdent les hommages officiels annoncés par les autorités congolaises en mémoire du jeune cycliste.
Au-delà de sa carrière sportive, Miguel Mumbere Masaïsaï s'était particulièrement illustré par un périple continental consacré à la sensibilisation à la paix et à la solidarité avec les populations affectées par les violences dans l'est du pays. À travers cette initiative, il avait porté les couleurs de la RDC et voulu attirer l'attention sur les souffrances des communautés confrontées à l'insécurité.
Son engagement lui a valu d'être présenté comme un militant de la paix. Dans une région régulièrement meurtrie par les conflits armés, son initiative sportive visait à faire du vélo un moyen de sensibilisation et de mobilisation autour des valeurs de paix, de solidarité et de cohésion entre les populations.
Pour honorer cet engagement, le ministère des Sports et Loisirs ainsi que la FECOCY annoncent une décoration à titre posthume. Cette distinction entend saluer la contribution de l'athlète à la promotion de la paix et son engagement républicain à travers le sport.
Les deux institutions invitent les mouvements sportifs, la jeunesse, les acteurs de la société civile et l'ensemble de la population à prendre part à ces moments de mémoire. Cet appel vise à permettre à différentes catégories de la société congolaise de s'associer à l'hommage rendu au cycliste, dont l'engagement dépassait le seul cadre de la compétition sportive.
La disparition de Miguel Masaï-Saï intervient dans un contexte où la paix demeure un défi majeur en République démocratique du Congo, particulièrement dans sa partie orientale, confrontée à des violences armées et à des déplacements de populations. En consacrant son périple continental à la sensibilisation à la paix, le cycliste avait choisi une voie singulière pour attirer l'attention sur les souffrances des communautés affectées par l'insécurité. Son parcours rappelle que le sport peut dépasser les frontières de la compétition pour devenir un moyen d'expression, de mobilisation citoyenne et de solidarité. Sa mort prive ainsi le pays d'un jeune athlète dont l'engagement associait performance sportive et cause humaine.
L'hommage national rendu à Miguel Masaï-Saï pose également la question de la continuité de son engagement. Si les obsèques et la décoration posthume permettent de saluer sa mémoire, la portée de son combat dépendra aussi de la capacité des institutions, des organisations sportives et de la jeunesse à faire vivre les valeurs qu'il défendait. Dans un pays où les appels à la paix se heurtent encore à la persistance des conflits, son initiative rappelle que la solidarité ne doit pas s'arrêter aux discours ni aux cérémonies commémoratives. La dernière échappée de Miguel Masaïsaï prend ainsi une dimension symbolique : celle d'un cycliste qui voulait faire avancer la paix, alors même que son pays continue de chercher la voie vers une paix durable.