Par Serge Mavungu
C’est depuis mars 2024 que l’artiste visuel congolais, Magloire Mpaka, est accueilli en résidence artistique à la Cité Internationale des Arts, à Paris, dans le cadre du «Programme Trame». Trois mois durant, soit du mois de mars au 22 mai, Magloire Mpaka va s’immerger de la réalité physique et esthétique du colossal espace muséal parisien et certains hauts lieux spécifiques de l’art colonial. Ceci aura pour effet d'enrichir son thème de prédilection, qui cadre avec l’héritage historique et esthétique coloniale, les traces euro-centriques sur les civilisations millénaires africaines.
"À mi-parcours, mais d’ores et déjà, l’artiste affine une vision singulière des œuvres coloniales comme appareillages discursifs, qui méritent d’être questionnés par le prisme de l’évolution sociétale du présent. Loin des imprécations des discours colonialistes sur le regard porté sur l’étranger, l’autre. Magloire Mpaka passe au crible les décors peints ou sculptés de trois imposants bâtiments du patrimoine architectural et artistique parisien, tel qu’à la bourse du commerce «Panorama du Commerce (1889)» Collection Pinault, « L’apport de la France à l’Outremer (1931)» , au Palais de la Porte Dorée puis le « bas-relief de la Maison de la France d’Outremer (1950) » Cliché Jean-Pierre de la Fondation Lucien Paye, et autres", a fait savoir son agent, Elrick Elesse.

La résidence artistique de recherche offerte par le programme trame, permet l’accès à l’information, ragaillardit la posture d’exploration artistique de Mpaka, axée sur l’identité africaine. Mpaka reconnait avoir beaucoup appris.
«Mon vœu repose sur le changement de regard sur la civilisation africaine, par ricochet la société évolue et notre regard sur l’histoire coloniale et notre discours doit évoluer avec. Ensemble luttons contre les stéréotypes», explicite cet académicien de l’ABA de Kinshasa.
Retenons que le mercredi 17 avril, dans le cadre du "Programme Trame", une activité porte ouverte sera tenue pour la présentation de la série Patrimonial et Trinité de Magloire Mpaka. Tandis que la restitution interviendra le 22 mai prochain. Magloire Mpaka présentera ses propositions visuelles sous une restitution multi support, tels que la vidéo d’art; Photomontage; Photocollage; Photo archive et fragment des images face au public parisien en contrechamp des idéaux et de cultures, en interaction avec l’artiste.
Les médiations des musées doivent contextualiser leurs discours par une lecture mise à jour
Par un travail photographique de fond, il fouine les champs du possible de l’esthétique de manière à déceler les discours polysémiques derrière chaque œuvre visée. Par une touche esthétique, il imbrique le temps et l’espace en une forme de continuum. Cette question de la restitution des artefacts africains dans les différentes institutions muséales. Et il questionne les œuvres d'art, les discours d’autrefois et ceux d’aujourd’hui.
Son penchant reste artistique et esthétique. Mpaka invite à une relecture en vue de mieux percevoir les œuvres à juste valeur identitaire. La question des discours identitaires stéréotypés des musées parisiens lève le voile sur les frasques d’un angle négligé, au sujet des restitutions des artefacts africains par un autre paradigme. Pour dissiper l’obscurité des stéréotypes issue du choc des civilisations. Tel est le vœu de Mpaka.