Par Serge Mavungu
Trente artistes plasticiens congolais ont bénéficié, pour la première fois, de leurs droits d’auteur auprès de la Société congolaise des droits d’auteur et droits voisins (Socoda Coop-CA), lors d’une opération de paiement organisée au siège de la coopérative situé dans la commune de la Gombe, à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC).
Cette première répartition dans la catégorie des arts graphiques et plastiques marque une étape importante dans la reconnaissance du travail des créateurs congolais. Parmi les bénéficiaires figure le plasticien Steve Bandoma, qui a saisi cette occasion pour inviter ses pairs à s’affilier à la Socoda Coop-CA afin de mieux protéger leurs œuvres et bénéficier des revenus liés à leur exploitation.
« Nous avons pris le taureau par les cornes pour couper court au bicéphalisme en matière de gestion des droits d’auteur en République démocratique du Congo. Notre conseil d’administration investi a insufflé un vent nouveau au sein de la Socoda », a déclaré Steve Bandoma, également administrateur de cette société.
À l'en croire, cette première répartition des droits dans le domaine des arts plastiques et graphiques constitue une avancée significative pour les artistes. Steve Bandoma estime que ces derniers disposent désormais d’un cadre légal leur permettant de faire valoir leurs droits.
« La répartition s’est déroulée dans de bonnes conditions. Les artistes savent désormais qu’il n’existe qu’une seule société de gestion des droits d’auteur qui veille sur leurs intérêts. Il y a donc lieu de s’affilier afin de bénéficier légalement de ses droits d’auteur », a-t-il indiqué.
Steve Bandoma a également tenu à rappeler que cette première répartition ne résulte ni d'une faveur ni d'une subvention de l'État, mais du mécanisme normal de perception et de redistribution des droits d'auteur.
« Il est important de comprendre que la répartition obéit à un processus technique et scientifique. La Socoda collecte les redevances issues de l'exploitation des œuvres avant de les redistribuer aux ayants droit. Il ne s'agit ni de magie ni d'un financement de l'État. Ce sont les redevances perçues qui sont ensuite réparties entre les artistes concernés », a-t-il expliqué.
Selon lui, les équipes de la Socoda ont effectué un travail de terrain en recensant les œuvres exposées dans différents espaces culturels. Toutefois, certaines structures n'ont pas autorisé les agents de la coopérative à accéder aux lieux d'exposition, ce qui a compliqué l'identification de toutes les œuvres concernées.
« Certains responsables de lieux d'exposition n'étaient pas encore habitués à cette démarche et n'ont pas facilité le travail de nos équipes. C'est une difficulté qui sera progressivement surmontée », a-t-il poursuivi.
Steve Bandoma a également précisé que certains artistes n'ont pas été pris en compte parce que certaines de leurs œuvres relèvent du domaine public, notamment des monuments appartenant à l'État, dont les droits ne sont pas encore reversés à la Socoda.
« Il ne s'agit pas d'une injustice. Nous avons voulu lancer cette première opération afin qu'il y ait un point de départ. Les difficultés rencontrées sur le terrain seront corrigées et le processus sera continuellement amélioré », a-t-il conclu.
Le plasticien Steve Bandoma a, par la même occasion, assuré que « le processus s’est déroulé dans la transparence, en se basant sur les œuvres concernées par les représentations et les diffusions ».
Et d'ajouter : « Ici, il n’y a pas de trucage. Je viens de recevoir mon paiement et, dans mon feuillet de paie, tout est repris, toutes les désignations selon mes représentations et diffusions. »
Il a profité de cette occasion pour encourager les autres artistes à rejoindre la Socoda Coop-CA.
Il importe de signaler que les détails concernant le plasticien Steve Bandoma sont disponibles sur son site internet : www.stevebandoma.com.
Au total, trente artistes plasticiens, parmi lesquels Franck Dikisongele, Henri Kalama, Lema Kusa, Steve Bandoma, Francis Mampuya, Rodrigue Muladika, Pie Bosekota, Sim Simaro et Malambo, ont bénéficié de cette première opération de répartition des droits d'auteur dans la catégorie des arts graphiques et plastiques.