RDC: les Chefs religieux Congolais exigent de l'ONU la levée de l'embargo sur l'achat des armes

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Léonard Baruti (à l'extrême droite) remettant le mémorandum des chefs religieux congolais au bureau de représentation de la Monusco à Kinshasa.
Léonard Baruti (à l'extrême droite) remettant le mémorandum des chefs religieux congolais au bureau de représentation de la Monusco à Kinshasa.

Par Gabin K.

Les pasteurs de la RDC tapent du poing sur la table. Ils en ont marre d'assister, impuissants, aux meurtres cruels des Congolais établis à l'Est, à la suite de l'agression du pays par ses voisins sous la couverture des mouvements rebelles. Les voilà désormais prêts à mettre les bouchées doubles pour exiger, au travers de leur mémorandum signé le vendredi 22 juillet 2022, la "convocation d'un Conseil de sécuritaire extraordinaire pour statuer sur la situation de l'agression rwandaise et des manœuvres ougandaises".

Les Chefs religieux attendent de cette réunion exceptionnelle du Conseil de sécurité une décision importante: "levée de l'embargo sur les achats d'armes en faveur de la RDC". Ils attendent aussi "l'imposition de la démocratie dans les pays voisins, le Rwanda, l'Ouganda et le Burundi, afin de récupérer leurs oppositions en exil dans notre pays"; ainsi que sa "réaction en faveur de la RDC à la suite de la diplomatie entreprise par le Président Félix Tshisekedi". 

Pour les pasteurs Congolais, ça urge, au regard des exactions perpétrées sur le sol Congolais depuis la résolution du génocide rwandais en 1994, de procéder à "l'exploitation et à l'exécution du Rapport Mapping pour sanctionner tous les auteurs des crimes contre l'humanité". A défaut pour l'ONU, "endéans une semaine", de se plier à leurs exigences, présentées comme un "ultimatum", les Chefs religieux Congolais préviennent: "nous appellerons tous les Chrétiens et Croyants de la RDC à une forte mobilisation à travers tout le pays pour exiger ce qui nous revient de droit en vertu de la providence de Dieu".

"Dieu nous a créé Congolais et nous a comblé de richesses qui doivent profiter uniquement à ces derniers. Il nous sera irresponsable et condamnable devant Dieu de vivre au Congo, sans exploiter ces richesses de façon à répondre à notre vocation de dominer les biens et de les faire profiter à son peuple", motivent-ils dans ce mémo destiné au Secrétaire général de l'ONU et aux Présidents de la Commission de l'Union africaine et de la Commission de l'Union européenne. Et de prophétiser: "s'il n'y a pas de paix en RDC, il n'y aura pas non plus de paix pour nos voisins".

Loin de s'ériger en prophètes de malheur pour les voisins de la RDC, ces Serviteurs de Dieu font noter que leur seul leitmotiv est d'envoyer un "message de paix et d'espoir" et de pousser "la Communauté internationale (à) réagir au cri de détresse des millions des Congolais". Ils soulignent en plus que "vouloir la paix n'est pas un signe de faiblesse".

De leur avis, la paix pour aujourd'hui et pour demain, s'obtient aussi par "le rejet de l'intervention militaire régionale au risque d'aggraver et d'éterniser la présence de ces militaires étrangers au Congo". La crainte de ces Chefs religieux est de "dupliquer la mission de la MONUSCO, qui est déjà impuissante et incapable d'assurer la mission lui confiée depuis plus de deux décennies, affirmant même, toute honte bue, que le M23 est mieux armé qu'elle".

Le mémorandum des églises et confessions religieuses de la RDC est architecturé en 10 points et signé par différents Chefs religieux dont Albert Kankienza, Sony Kafuta et Kiziamina Kibila.

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