Par Prosper Buhuru
Après une longue période d’interruption, la médiation engagée pour tenter de ramener la paix dans l’est de la République démocratique du Congo reprend progressivement corps. Le Qatar, facilitateur du dialogue, a convoqué le Gouvernement congolais et les représentants du M23-AFC à un nouveau cycle de discussions à Doha.
Cette relance intervient dans un climat de fortes tensions, marqué par des accusations réciproques de non-respect des engagements de cessez-le-feu. Les échanges étaient gelés depuis novembre 2025, date à laquelle les deux parties avaient adopté une feuille de route destinée à encadrer le processus vers un accord de paix durable.
Paraphé le 15 novembre 2025 dans la capitale qatarie, ce document, soutenu par les États-Unis et l’Union africaine, identifie huit mesures prioritaires pour la stabilisation de l’est du pays. Faute de réunions de suivi, son application est toutefois restée limitée, contribuant à l’essoufflement du processus.
Entre-temps, la situation sécuritaire sur le terrain s’est détériorée. Des avancées successives ont été enregistrées dans plusieurs zones stratégiques, notamment à Uvira en décembre, après la prise de Goma et de Bukavu plus tôt en 2025. Sous pression diplomatique, certains retraits ont ensuite été observés.
Les autorités congolaises ont signalé des actes de pillage et de désorganisation administrative dans des localités évacuées, avec des incidents rapportés dans plusieurs quartiers à partir du 18 janvier 2026.
La reprise des discussions à Doha est ainsi perçue comme une étape déterminante pour réactiver un processus de paix affaibli mais toujours jugé nécessaire. Conduits avec l’appui du Qatar, de Washington et de l’Union africaine, ces pourparlers ambitionnent de réduire durablement les violences dans une région confrontée depuis des années à une instabilité aux conséquences humanitaires majeures.