Par Gloire Balolage
La République démocratique du Congo a accepté de coopérer avec le Royaume-Uni dans le cadre du retour de ressortissants congolais en situation migratoire irrégulière. L’annonce a été faite ce vendredi par le Gouvernement britannique, qui y voit une avancée majeure dans les discussions engagées entre les deux pays sur la gestion des flux migratoires.
Les autorités britanniques se sont félicitées de cette évolution diplomatique. Londres affirme que le ministre britannique de l’Intérieur a désormais obtenu l’engagement de la RDC, marquant ainsi un changement notable dans une relation récemment marquée par des tensions sur cette question sensible.
Ce développement intervient après plusieurs mois de désaccords. En décembre dernier, le Royaume-Uni avait durci sa politique à l’égard des ressortissants congolais en annonçant des restrictions dans l’octroi de visas. Ces mesures faisaient suite aux accusations britanniques de manque de coopération de Kinshasa dans les procédures de rapatriement des migrants concernés.
À l’époque, Londres avait même brandi la menace d’une suspension totale de la délivrance de visas si aucun progrès concret n’était enregistré. Cette position avait accentué les tensions diplomatiques entre les deux capitales, plaçant la question migratoire au cœur des discussions bilatérales.
Après plusieurs semaines de négociations, Kinshasa et Londres seraient ainsi parvenus à un accord facilitant la reprise accélérée des rapatriements. Cet arrangement met fin à une période de crispation diplomatique et ouvre la voie à une coopération plus structurée sur les questions migratoires.
La ministre britannique de l’Intérieur, Shabana Mahmood, a salué cette collaboration, indiquant que les migrants en situation irrégulière, y compris ceux considérés comme criminels dangereux, originaires de la RDC pourront désormais être expulsés plus rapidement. Elle a précisé que cette mesure concerne également des ressortissants d’Angola et de Namibie, dans le cadre d’un dispositif visant à fluidifier les procédures d’expulsion.
Parallèlement, les relations bilatérales ont été abordées à Kinshasa lors d’une audience accordée par le ministre congolais de la Francophonie et des Congolais de l’étranger, Crispin Mbadu, à l’ambassadrice du Royaume-Uni en RDC, Alyson King.
Les échanges ont porté sur plusieurs sujets d’intérêt commun, notamment la coopération bilatérale, l’ajustement du mandat de la Monusco, la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC, la situation des Congolais en situation irrégulière en Grande-Bretagne ainsi que l’appui humanitaire britannique.
Également, les échanges entre les deux parties ne se sont toutefois pas limités aux rapatriements. Les discussions ont également porté sur les investissements britanniques dans les secteurs de l’énergie et des infrastructures, ainsi que sur le rôle et l’importance de la diaspora congolaise vivant au Royaume-Uni. Les deux camps ont par ailleurs exprimé leur satisfaction quant à la coopération ayant permis de parvenir à un accord sur des mécanismes migratoires.