Par Serge Mavungu
Des députés nationaux et sénateurs de l’AFDC fidèles au chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, ont déposé ce mardi 2 juin 2026, à Kinshasa une proposition portant sur la révision de la Constitution de la République démocratique du Congo.
Dans un document signé par la "Coordination des groupes parlementaire et politique des députés nationaux et sénateurs de l’AFDC fidèles et loyaux au chef de l’État", les élus estiment que "le fonctionnement actuel des institutions politiques au niveau central" est "une architecture conçue pour gérer les égos des leaders".
La proposition formule 9 axes de réforme constitutionnelle.
Vers un régime présidentiel renforcé
Les signataires plaident d’abord pour "un régime présidentiel et en tirer toutes les conséquences", avec la nomination de tous les membres du gouvernement par le président de la République. Ils proposent aussi l’élection du chef de l’État par les sénateurs et députés réunis en Congrès, afin "d’épargner le trésor public des dépenses énormes consacrées à l’élection présidentielle".
Réorganisation des pouvoirs et des finances
Le texte recommande le maintien d’un Parlement à deux chambres "pour mieux gérer les excès de pouvoir et créer l’équilibre". Sur le plan financier, il suggère la suppression de la Caisse nationale de péréquation, jugée "copiée de la forme fédérale de l’État alors que la RDC est un État unitaire".
Les élus veulent aussi supprimer la retenue à la source de 40% des recettes à caractère national par les provinces, "techniquement impossible" selon eux. Ils proposent à la place une mise à disposition de 20% des recettes générales au profit des 26 provinces, dont "l’ordonnancement et la répartition seront déterminés par une loi organique selon le principe de la solidarité".
Décentralisation et mandats
La note préconise le maintien de la régionalisation des provinces et de la décentralisation des ETD, car "la stabilité de la République dépend de l’immensité du territoire et du nombre des tribus de la RDC".
Autre proposition : la nomination des Gouverneurs et Vices-Gouverneurs non-originaires par le président de la République "pour stabiliser les institutions politiques".
Les motions de défiance et de censure initiées par les députés provinciaux devraient, selon le document, être soumises "au double contrôle de l’Inspection générale des finances et de la Cour des comptes".
Enfin, les auteurs proposent de porter la durée du mandat du Président de la République à 7 ans au lieu de 5 ans actuellement, "mutatis mutandis aux députés nationaux et sénateurs".
Le document, daté du 2 juin 2026, est signé par 9 élus. Figurent parmi eux Alphonse Ngoyi K, Sénateur, Patrick Munyomo, Député national, Joseph Ngalamulume, Sénateur, Kimbashu-Richard, Sénateur, et Marie-Thérèse Mpenbi, Députée nationale. La liste des signataires se poursuit.