Par Gloire Balolage
La Coalition Article 64 a annoncé, ce lundi 20 juillet 2026 à Kinshasa, sa décision de donner une chance au dialogue tout en maintenant la pression sur les autorités congolaises. Dans une déclaration, cette plateforme politique réaffirme son opposition à toute remise en cause de la Constitution de la République démocratique du Congo, rappelant que le respect de la loi fondamentale demeure, selon elle, une condition essentielle pour préserver la paix, la stabilité et l'alternance démocratique.
La C64 s'appuie notamment sur les articles 70 et 220 de la Constitution, qui encadrent l'exercice du pouvoir présidentiel et les dispositions jugées intangibles de la loi fondamentale. La coalition estime que le peuple congolais ne peut accepter aucune modification susceptible de remettre en cause les principes constitutionnels liés à l'organisation et à l'exercice du pouvoir au sommet de l'État.
Cette position intervient après l'annonce faite par la présidence de la République à la suite d'une rencontre avec les responsables de la Conférence épiscopale nationale du Congo et de l'Église du Christ au Congo. Selon la C64, les autorités ont évoqué l'organisation d'un « dialogue inclusif, apaisé et résolument républicain », dans le respect des institutions et de la Constitution.
Prenant acte de cette déclaration, la Coalition Article 64 demande toutefois que ce dialogue national inclusif soit officiellement convoqué dans les meilleurs délais. Elle souhaite que ces discussions permettent d'aborder les principales crises qui touchent le pays, notamment l'insécurité persistante dans l'est de la République démocratique du Congo, la crise de gouvernance, les difficultés économiques et sociales ainsi que les réformes nécessaires à la consolidation de la paix et de la démocratie.
Pour la C64, le dialogue ne doit pas devenir un moyen de modifier les fondements de la Constitution. Elle affirme qu'il doit plutôt servir à rétablir la confiance entre les institutions et les citoyens, renforcer l'unité nationale et créer les conditions d'une réconciliation durable. Dans cette perspective, la coalition réclame des mesures de confiance et de décrispation afin de rassurer les différentes parties prenantes.
Répondant à l'appel lancé par la CENCO et l'ECC, représentées respectivement par le cardinal Fridolin Ambongo et le révérend président André Bokundoa, qui invitaient la C64 à accorder une véritable chance au dialogue, la coalition a décidé de reporter la marche pacifique initialement prévue le 22 juillet 2026. Elle présente cette décision comme un geste de responsabilité visant à privilégier les voies pacifiques de résolution de la crise.
La Coalition Article 64 prévient néanmoins que ce report ne constitue pas un abandon de son combat pour la défense de l'ordre constitutionnel. Elle indique que la responsabilité de la suite du processus repose désormais sur le président Félix-Antoine Tshisekedi et son régime, tout en mettant en garde contre toute mesure susceptible, selon elle, de relancer le processus de changement de la Constitution, notamment à travers une éventuelle loi sur le référendum.
Enfin, la C64 maintient ses structures ainsi que ses membres en République démocratique du Congo et dans la diaspora en état de mobilisation et d'alerte. Elle fixe comme échéance le 15 août 2026 pour la convocation officielle du dialogue national inclusif et prévient qu'en l'absence d'avancées concrètes, elle tirera toutes les conséquences politiques et appellera à de nouvelles actions citoyennes pacifiques, dans le respect de la Constitution et des lois de la République.