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Sit-in de l’opposition du 12 juin à Kinshasa : la CNDH confirme des violations des droits humains mais écarte l'allégation de deux morts

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Paul Nsapu, président de la CNDH, présentant les conclusions de son enquête sur les manifestations de l’opposition du 12 juin 2026 à Kinshasa
Paul Nsapu, président de la CNDH, présentant les conclusions de son enquête sur les manifestations de l’opposition du 12 juin 2026 à Kinshasa

Par Serge Mavungu

La Commission nationale des droits de l'homme (CNDH), par le truchement de son président, a présenté les conclusions de son enquête sur les manifestations du 12 juin 2026, affirmant que des violations des droits de l'homme ont été commises, tout en indiquant que l'allégation faisant état de deux décès n'a pas pu être confirmée au regard des preuves recueillies.

Selon la CNDH, une mission d'enquête indépendante, impartiale et objective a été diligentée afin d'établir les faits. Les investigations se sont appuyées sur des auditions, des visites de terrain, l'analyse des éléments de preuve ainsi que des échanges avec les différentes parties concernées.

"Notre seul souci est de mener une recherche de la vérité fondée sur les faits, les preuves et le droit", a souligné la Commission.

Au terme de cette enquête, la CNDH conclut que plusieurs violations des droits de l'homme ont été commises au cours des manifestations. En revanche, elle précise que les allégations largement relayées dans l'espace public, notamment celles faisant état de deux morts, n'ont pas pu être corroborées par les éléments de preuve disponibles.

La Commission insiste sur le fait que son rapport ne vise ni à condamner une partie ni à en disculper une autre. Son objectif est d'établir les faits de manière impartiale, d'identifier les responsabilités lorsque les preuves le permettent, de promouvoir la redevabilité des différents acteurs et de formuler des recommandations destinées à prévenir la répétition de telles violations.

La CNDH rappelle que la liberté de réunion et de manifestation pacifique est un droit fondamental garanti par la Constitution ainsi que par les instruments internationaux ratifiés par la République démocratique du Congo. Toutefois, elle souligne que l'exercice de cette liberté implique le respect des lois de la République ainsi que des responsabilités incombant aux organisateurs, aux autorités publiques, aux forces de sécurité et aux participants.

L'institution estime également que, dans un contexte marqué par la guerre d'agression contre la RDC menée par le Rwanda et ses supplétifs, les autorités peuvent prendre les mesures nécessaires pour préserver l'ordre public et assurer la sécurité des personnes et des biens. Elle rappelle cependant que toute restriction aux libertés fondamentales doit être prévue par la loi, poursuivre un objectif légitime et demeurer strictement nécessaire et proportionnée.

Pour la CNDH, la protection de la sécurité collective et celle des libertés fondamentales ne sont pas incompatibles. Elles doivent être conciliées dans le respect de l'État de droit.

Évoquant les initiatives de dialogue national, la Commission réaffirme que toute démarche de réconciliation durable doit reposer sur quatre principes : le respect des droits de l'homme, le rejet de toutes les formes de violence politique, le respect de l'État de droit et la recherche de l'intérêt supérieur de la nation.

Elle appelle les autorités publiques, les partis politiques, les forces de défense et de sécurité, les organisations de la société civile, les leaders d'opinion ainsi que l'ensemble des citoyens à faire preuve de retenue, à rejeter les discours de haine et toute incitation à la violence, et à privilégier le dialogue ainsi que les voies légales de règlement des différends.

Au-delà des constats et des recommandations, la CNDH annonce la mise en place d'un mécanisme de suivi destiné à évaluer la mise en œuvre de ses recommandations. Des rapports périodiques seront publiés afin de mesurer les progrès réalisés en matière de protection des droits de l'homme en République démocratique du Congo.

Parmi ses principales recommandations, la Commission préconise la poursuite de la professionnalisation et du renforcement des capacités de la Police nationale congolaise (PNC). Elle recommande également l'ouverture d'enquêtes judiciaires indépendantes sur toutes les violences documentées afin que les responsabilités soient établies conformément à la loi.

La CNDH appelle en outre à la condamnation de tous les discours de haine et de toute incitation à la violence. Elle plaide enfin pour la mise en place d'un cadre permanent de dialogue réunissant les autorités publiques, les partis politiques, les organisations de la société civile et la CNDH, dans le but de prévenir de nouvelles crises.

Enfin, la Commission salue l'initiative de dialogue entre les filles et les fils de la nation annoncée par le Président de la République, Félix Tshisekedi, et réaffirme sa disponibilité à accompagner toute démarche susceptible de renforcer l'unité nationale et la cohésion sociale.

"Une paix durable ne peut être bâtie sans vérité, sans justice, sans responsabilité et sans respect des droits de l'homme", conclut la CNDH.

Il importe de rappeler que ce rapport a été présenté devant le représentant du Gouvernement de la ville de Kinshasa, celui du numéro 1 de la police de Kinshasa, des membres des certains partis politiques ainsi que certaines missions diplomatiques.

Lundi 20 juillet 2026 - 12:34