Par Prosper Buhuru
Le prix Nobel de la paix congolais, Denis Mukwege, a estimé, dimanche 15 février 2026, que la République démocratique du Congo a besoin d’un « dialogue national » pour résoudre ce qu’il qualifie de problème structurel de gouvernance, dans un contexte marqué par la corruption et l’instabilité.
S’exprimant dans une interview accordée à l’AFP en marge de la Conférence de Munich sur la sécurité, le gynécologue et militant des droits humains a plaidé pour une approche globale plutôt que des réponses conjoncturelles.
« Au lieu d’adopter des solutions à court terme, nous devons vraiment examiner la question dans son ensemble », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité d’un débat national approfondi sur les fondements de la gouvernance en RDC.
Pour Denis Mukwege, les difficultés actuelles du pays trouvent leur origine dans une mauvaise gestion des affaires publiques.
« Si le Congo souffre aujourd’hui, c’est tout simplement à cause d’une mauvaise gouvernance. Et donc, si nous avions une bonne gouvernance, le Congo devrait normalement être en mesure de protéger sa population et de prendre en main ses minerais, qui sont actuellement exploités par tous les vautours autour de la République démocratique du Congo », a-t-il affirmé.
À travers cet appel, le prix Nobel met en avant le lien direct entre gouvernance, sécurité et souveraineté économique. Selon lui, une réforme profonde des mécanismes de gestion publique permettrait non seulement de mieux sécuriser la population, mais aussi d’assurer un contrôle effectif des ressources naturelles stratégiques du pays.
Cette prise de position intervient alors que la RDC fait face à des défis sécuritaires persistants et à des débats récurrents sur la gestion des ressources minières et la lutte contre la corruption.