Par Don Benjamin Makolo
Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a livré une lecture particulièrement enthousiaste du sommet tenu, lundi 11 mai 2026, à Entebbe entre la République démocratique du Congo et l’Ouganda. Sur son compte X, il décrit cette rencontre comme l’ouverture d’une « ère nouvelle » dans la région des Grands Lacs.
Pour ce membre du gouvernement congolais, la rencontre entre le président congolais Félix-Antoine Tshisekedi et son homologue ougandais Yoweri Kaguta Museveni dépasse le simple cadre diplomatique classique pour s’inscrire dans une transformation structurelle des relations bilatérales.
« Le sommet de ce lundi 11 mai 2026 à la State House d’Entebbe marque un tournant historique. En rencontrant son homologue Yoweri Kaguta Museveni, le président Félix-Antoine Tshisekedi scelle la refondation des relations bilatérales, transformant une diplomatie de voisinage en une alliance stratégique de premier plan », a-t-il déclaré.
Dans son analyse, Julien Paluku Kahongya insiste sur la cohérence et la profondeur des engagements pris entre Kinshasa et Kampala, qu’il présente comme un véritable changement de paradigme régional.
« Parmi les piliers du nouveau départ, on peut retenir l’intégration économique et la mobilité, avec la signature décisive de six protocoles d’accord, incluant la promotion du commerce bilatéral et, surtout, la problématique des frais de visas. Une mesure phare qui brise les barrières et place le citoyen au cœur de cette nouvelle dynamique », a-t-il ajouté.
Le ministre met également l’accent sur le volet sécuritaire, considéré comme fondamental pour la stabilité de la région, notamment dans l’Est de la RDC.
« Sécurité et souveraineté : réaffirmation de l’opération "Shujaa". Les deux armées intensifient leur coordination pour l’éradication totale des forces négatives à l’Est de la RDC, condition sine qua non d’une paix durable », poursuit-il.
Julien Paluku souligne aussi l’importance des projets structurants dans les domaines de l’énergie et des infrastructures, destinés à renforcer l’intégration régionale.
« Énergie et infrastructures : lancement de projets intégrateurs d’envergure, notamment l’exploitation commune du pétrole dans le Graben Albertin, ainsi que le développement des infrastructures routières, de la poste et des télécommunications », peut-on lire sur le compte X du ministre congolais du Commerce extérieur.
Au-delà des aspects techniques, l’ancien gouverneur du Nord-Kivu voit dans ce rapprochement une recomposition profonde des équilibres régionaux.
« La vision géopolitique : ce sommet redéfinit les équilibres dans la région des Grands Lacs. En effet, Kinshasa et Kampala imposent désormais un nouveau paradigme : une diplomatie de proximité ancrée sur la construction d’une confiance mutuelle, socle inébranlable d’une prospérité partagée », a-t-il affirmé.
Julien Paluku insiste enfin sur la nécessité de traduire rapidement les engagements politiques en actions concrètes sur le terrain.
« Pour garantir le succès de cette nouvelle ère, chaque ministre a été investi de la responsabilité directe de mettre en œuvre les accords de son secteur. Une évaluation rigoureuse est projetée dans quatre mois afin de s’assurer que les engagements pris se traduisent par des avancées concrètes sur le terrain », conclut-il.
Dans cette dynamique, le sommet d’Entebbe apparaît comme un jalon majeur d’une recomposition stratégique que Kinshasa veut désormais inscrire dans la durée.