Par Gloire Balolage
Le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) a exprimé de vives inquiétudes concernant le projet de loi référendaire en cours d’examen au Parlement en République démocratique du Congo. Selon cette formation politique de l’ancien président Joseph Kabila, ce projet viserait à contourner l’article 220 de la Constitution du 18 février 2006 afin d’ouvrir la voie à une éventuelle modification des dispositions limitant les mandats présidentiels.
C’est ce qui ressort d’une déclaration politique rendue publique ce lundi 11 mai 2026. Dans ce document, cette formation politique réagit aux récentes déclarations du président Félix Tshisekedi évoquant la possibilité d’un référendum constitutionnel, que le parti juge préoccupant au regard des dispositions fondamentales de la Constitution.
Le PPRD rappelle que la Constitution de 2006, issue d’un référendum populaire, contient des dispositions qualifiées d’intangibles, destinées à préserver la stabilité démocratique du pays. Le parti insiste particulièrement sur l’article 220, qui interdit toute remise en cause de la limitation du nombre de mandats présidentiels, ainsi que sur l’article 64, qui appelle les citoyens à faire échec à toute tentative de violation de la Constitution.
Dans cette même déclaration, le PPRD estime que la sortie médiatique du 6 mai 2026 du président Félix Tshisekedi confirmerait une orientation politique déjà dénoncée par l’ancien président Joseph Kabila Kabange. Le parti évoque une stratégie supposée consistant à exploiter la situation sécuritaire dans l’Est du pays ainsi que les fragilités institutionnelles pour consolider le pouvoir en place.
Le texte revient également sur la période suivant la rupture de la coalition FCC-CACH. Le PPRD affirme que Joseph Kabila aurait, à plusieurs reprises, alerté sur ce qu’il qualifie de dérives politiques et sécuritaires. Il est notamment fait mention de dénonciations liées à l’instrumentalisation de la guerre à l’Est et à la présence de forces étrangères, évoquées lors d’échanges avec certaines personnalités internationales.
La déclaration rappelle aussi un discours prononcé en mai 2025 par Joseph Kabila Kabange, dans lequel il aurait appelé à la cessation des hostilités, au retrait des forces étrangères, à l’organisation d’un dialogue national inclusif, ainsi qu’à la neutralisation des groupes armés. Le PPRD affirme que ces propositions s’inscrivent dans une logique de restauration de la cohésion nationale et auraient trouvé un écho dans certaines initiatives internationales.
Par ailleurs, le PPRD critique la gestion politique actuelle, estimant que les élections prévues en 2028 seraient conditionnées à la fin du conflit armé, selon les déclarations du pouvoir. Le parti accuse également les autorités de répression contre l’opposition, évoquant notamment des fermetures de sièges de partis politiques, des arrestations d’opposants et des violences politiques.
Enfin, le PPRD met en garde contre toute tentative de modification de l’article 220 par voie référendaire, qu’il considère comme une violation grave de l’ordre constitutionnel. Il appelle la population congolaise, les forces politiques et sociales à la vigilance et à la mobilisation pour défendre la Constitution, la démocratie et l’État de droit en République démocratique du Congo.