Par Patrick Kitoko
Les déclarations du président français Emmanuel Macron sur le rôle central du bassin du Congo dans l’espace francophone continuent de susciter des réactions en République démocratique du Congo. Le ministre délégué près le ministre des Affaires étrangères en charge de la Francophonie et de la diaspora congolaise, Crispin Mbadu, a salué ce qu’il considère comme une reconnaissance internationale du poids démographique et culturel de la RDC au sein de la Francophonie.
Lors d’une intervention en Égypte, le chef de l’État français avait affirmé que « l’épicentre de la langue française se trouve aujourd’hui dans le bassin du fleuve Congo, et non sur les quais de Seine », soulignant que la région concentre désormais le plus grand nombre de locuteurs francophones au monde.
Réagissant à ces propos, Crispin Mbadu a estimé que cette déclaration « acte le basculement géopolitique de notre espace francophone commun ». Selon lui, la République démocratique du Congo est devenue « le cœur battant de la Francophonie ». Le ministre a mis en avant le poids démographique du pays, qui compte plus de 100 millions d’habitants, ainsi que le dynamisme de sa jeunesse.
« La RDC n’est plus seulement le premier pays francophone au monde par la démographie ; elle est le moteur de sa créativité et de son avenir », a-t-il déclaré.
Au-delà de la dimension symbolique, les autorités congolaises entendent également traduire cette influence grandissante sur le plan institutionnel. Crispin Mbadu a ainsi plaidé pour une gouvernance de la Francophonie davantage alignée sur « sa base réelle ».
Dans cette perspective, il a apporté son soutien à la candidature de Juliana Amato Lumumba au poste de secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie. Pour le ministre, cette candidature incarne une « légitimité historique et démographique » et s’inscrit dans la volonté de promouvoir « une Francophonie des peuples, ambitieuse et résolument tournée vers l’Afrique ».