Par Gloire Balolage
La République Démocratique du Congo pourrait connaître un tournant majeur dans son développement économique. C’est ce que révèle un rapport présenté jeudi à Kinshasa lors du Digital Africa Summit. Intitulé « Stimuler la croissance économique par la transformation numérique en RDC », ce document de la GSMA (l’association mondiale des opérateurs mobiles) propose une feuille de route ambitieuse pour propulser le pays vers une économie numérique inclusive.
Selon les projections du rapport, la RDC pourrait générer jusqu’à 9,8 trillions de francs congolais supplémentaires au PIB et connecter 9,7 millions de nouveaux utilisateurs à l’internet mobile d’ici à 2029.
La GSMA souligne le rôle stratégique du secteur mobile, identifié comme un catalyseur de croissance et d’inclusion dans des domaines clés comme l’agriculture, les mines ou encore les services publics. Plus de 8,6 trillions de FC de valeur économique pourraient être générés dans ces secteurs grâce à l’adoption des technologies mobiles.
Mais pour réaliser ce potentiel, le pays doit surmonter de sérieux défis : un taux d’accès à l’internet mobile limité à 45 %, des infrastructures encore trop faibles en zones rurales, des coûts de services élevés, et une pression fiscale jugée dissuasive pour les opérateurs.
Pour transformer ces obstacles en opportunités, le rapport propose cinq axes de réforme : 1. Modernisation fiscale : alléger et harmoniser les taxes afin d’attirer les investissements et réduire les coûts pour les utilisateurs ;
2. Planification numérique et énergétique : améliorer l’accès aux infrastructures en milieu rural, notamment via les énergies renouvelables ; 3. Développement des compétences numériques : former la population à l’économie digitale à travers des partenariats public-privé ; 4. Réforme du spectre et des licences : rendre les fréquences plus accessibles grâce à une gestion transparente ;
5. Utilisation du mobile pour les services publics : intégrer les plateformes numériques dans l’éducation, la santé et l’administration.
Présent au sommet, le ministre de l’Économie numérique, Augustin Kibassa Maliba, a salué ce rapport qu’il qualifie « d’outil d’aide à la décision pour orienter les politiques publiques ». Il a rappelé les cinq piliers de la stratégie gouvernementale :
une identité numérique fiable, un portail national de services publics, des infrastructures critiques renforcées, une cybersécurité accrue, et un soutien à l’innovation locale et aux start-ups.
Le ministre a également insisté sur la coopération avec les partenaires internationaux et le secteur privé pour transformer les recommandations en actions concrètes. « L’économie numérique est l’avenir du pays », a-t-il affirmé.
De son côté, Angela Wamola, directrice Afrique de la GSMA, estime que la RDC a aujourd’hui une opportunité unique de faire un bond en avant. « Il faut prioriser les réformes fiscales, la gestion du spectre et les infrastructures énergétiques. L’industrie mobile est prête à travailler main dans la main avec le gouvernement. »
Daddy Mukadi, directeur de la réglementation chez Airtel Afrique, a rappelé que le rapport est le fruit d’une collaboration étroite entre les opérateurs télécoms et les autorités nationales, visant à surmonter les barrières structurelles et à adapter le pays aux exigences de l’économie numérique mondiale.
La GSMA est une organisation internationale qui regroupe les opérateurs de téléphonie mobile ainsi que les principaux acteurs du numérique. Elle œuvre à promouvoir une connectivité inclusive et durable, au service des citoyens, des économies et des sociétés dans leur ensemble. Reconnue pour son rôle de leader dans le secteur, la GSMA organise également des événements majeurs, parmi lesquels le Mobile World Congress (MWC) et la série M360, véritables plateformes d’échange sur l’avenir des technologies mobiles.