Par Serge Mavungu
La Banque centrale du Congo (BCC) garde le cap de la stabilité. Face à la presse mardi 28 avril 2026, à Kinshasa, le gouverneur André Wameso a défendu une conjoncture économique "bonne" et des perspectives encourageantes pour 2026, malgré un contexte international incertain.
Une croissance bien soutenue et une inflation parfaitement maîtrisée
"La situation économique de la République démocratique du Congo est bonne. Nous avons une croissance soutenue de 5,8% pour l’année 2025 et nous projetons l’année 2026 à 6,2%. Nous avons une inflation qui est maîtrisée", a déclaré André Wameso lors du briefing organisé autour du thème "Mise en œuvre de la politique monétaire en RDC : enjeux, évolution et perspectives", et qu'il a co-animé avec le ministre de la Communication et Médias, porte-parole du gouvernement de la RDC, Patrick Muyaya Katembwe.
Le numéro 1 de la BCC s’appuie sur des chiffres en amélioration nette. En glissement annuel, l’inflation est ressortie à 2,36% au 17 avril 2026 dernier, contre 10,18% à la même période en 2025. Un niveau largement en dessous de la cible de moyen terme fixée à 7%.
Politique monétaire : cap sur l’assouplissement contrôlé
Pour soutenir cette dynamique, la BCC a décidé d’assouplir sa politique monétaire. Le taux directeur a été réduit de 1,5 point, passant de 15% à 13,5% lors du Comité de politique monétaire du 9 avril 2026. L’objectif : préserver la stabilité macroéconomique tout en anticipant les chocs extérieurs.
Sur le marché de change, le franc congolais s’est établi à 2.306,14 FC pour un dollar américain à l’indicatif, contre 2.318,13 FC au parallèle au 16 avril. La monnaie nationale a connu une légère dépréciation de 0,23% sur la semaine.
Vigilance face aux chocs extérieurs
André Wameso reste cependant lucide sur les vulnérabilités. Il a évoqué les risques liés à un éventuel conflit USA-Iran : flambée du prix du pétrole et baisse de la demande mondiale en cuivre, principal produit d’exportation de la RDC.
"Nous serons dans une situation où nous devrons payer plus cher nos importations et nous aurons moins de revenus d’exportation. Et ça va créer un problème compliqué pour notre économie", a-t-il prévenu.
Pour y faire face, la RDC dispose d’un matelas de réserves internationales couvrant environ trois mois d’importations. "Vous voyez dans quelle situation de vulnérabilité nous sommes", a reconnu le gouverneur.
Eurobond : un signal de confiance
Autre point de satisfaction : la réussite de la première émission d’eurobond de la RDC. Avec 1,25 milliard de dollars levés sur les marchés internationaux, le gouvernement y voit "une avancée considérable" qui traduit "la stabilité du marché et l’efficacité de la stratégie économique".
À en croire la BCC, la priorité reste claire : maintenir une politique de change prudente, gérer activement la liquidité bancaire et renforcer la coordination avec la politique budgétaire. L’enjeu : consolider la stabilité macroéconomique et protéger le pouvoir d’achat des Congolais.