Par Gloire Balolage
Lors de la 92ᵉ réunion ordinaire du Conseil des ministres, tenue à la Cité de l’Union africaine et présidée par le président de la République Félix Tshisekedi, la ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, a soumis au Conseil, pour examen et approbation, la Politique nationale des technologies de l’information et de la communication pour l’éducation et la formation (TICEF).
Ce dossier relevant du secteur de l’Éducation nationale a retenu l’attention des membres du gouvernement et a été débattu avant d’être adopté à la fin de la séance. La Politique nationale TICEF constitue le cadre commun de référence pour l’intégration, la gouvernance, l’usage et la régulation des technologies de l’information et de la communication dans l’ensemble du secteur de l’éducation et de la formation.
Elle couvre non seulement l’éducation nationale, mais aussi l’enseignement supérieur et universitaire, la recherche scientifique et l’innovation, la formation professionnelle, l’alphabétisation, l’éducation non formelle, ainsi que les dispositifs éducatifs relevant de l’action sociale et humanitaire.
Cette portée large montre que la politique vise à transformer l’usage du numérique dans toutes les composantes du système éducatif congolais. La ministre a expliqué que ce dossier répond à un constat central : le secteur dispose déjà de nombreuses initiatives numériques, mais ces initiatives doivent être coordonnées, interopérables, sécurisées, évaluées et reliées aux priorités de la future Stratégie sectorielle intérimaire de l’éducation et de la formation (SSIEF) 2026-2030. Sans coordination, ces initiatives restent fragmentées et ne permettent pas une transformation systémique.
La politique TICEF vise donc à harmoniser les efforts numériques et à les orienter vers des objectifs clairs de modernisation et de qualité éducative.
La Politique nationale TICEF repose sur dix-neuf principes opérationnels regroupés en six familles normatives. Ces familles sont : gouvernance et cohérence sectorielles ; accès, inclusion et résilience ; données, interopérabilité et confiance numérique ; qualité, compétences et innovation ; partenariats et financement durable ; protection, éthique, dignité et redevabilité.
Ce cadre structuré permet d’assurer que chaque initiative numérique respecte des normes communes et contribue à une vision collective de l’éducation numérique en RDC.
En adoptant ce dossier, le Conseil des ministres a validé officiellement la Politique nationale TICEF comme référence stratégique pour l’intégration du numérique dans l’éducation et la formation.
L’adoption signifie que le gouvernement s’engage à mettre en œuvre les principes opérationnels, à coordonner les initiatives existantes et à s’assurer que les technologies numériques servent les priorités de la SSIEF 2026-2030. Cette décision ouvre la voie à la mise en place de plans d’action, de programmes de financement et de mécanismes de suivi.
La ministre a souligné que la politique vise à renforcer la qualité de l’éducation, à améliorer l’acquisition de compétences numériques et à favoriser l’innovation dans l’enseignement. Elle a précisé que l’interopérabilité et la sécurité des données sont essentielles pour garantir la confiance des utilisateurs et protéger les élèves, les étudiants et les enseignants. La protection, l’éthique, la dignité et la redevabilité sont également des éléments clés pour éviter les risques liés à l’usage du numérique.