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Sit-in de l’opposition à Kinshasa : l’ASADHO réclame une enquête indépendante sur les violences signalées

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Jean Claude Katende, président de l'ASADHO [Photo d'illustration]
Jean Claude Katende, président de l'ASADHO [Photo d'illustration]

Par Don Benjamin Makolo

L’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO) a exigé, dans un communiqué publié, ce lundi 15 juin 2026, à Kinshasa, l’ouverture d’une enquête indépendante sur les violations présumées des droits de l’homme survenues lors de la manifestation organisée par la coalition C64 le 12 juin dernier dans la capitale congolaise.

Selon l’organisation de défense des droits humains, les incidents se sont produits alors que les militants de l’opposition se dirigeaient vers le siège du Parlement pour un sit-in destiné à dénoncer l’adoption par l’Assemblée nationale de la loi référendaire. L’ASADHO affirme que les forces de l’ordre sont intervenues pour disperser les manifestants à l’aide de balles réelles, de gaz lacrymogènes et d’armes blanches.

L’organisation soutient également que certains civils identifiés comme membres de la Force du progrès, structure affiliée à l’UDPS, auraient participé aux violences visant des manifestants ainsi que des sièges de partis politiques de l’opposition.

D’après le communiqué, plusieurs responsables politiques de l’opposition, notamment Martin Fayulu, Delly Sesanga, Jean-Marc Kabund et Ados Ndombasi, auraient été blessés au cours des affrontements. L’ASADHO fait également état de décès dont le nombre n’a pas encore été déterminé ainsi que de plusieurs arrestations qu’elle qualifie d’arbitraires, parmi lesquelles celles de membres de mouvements citoyens.

L’organisation estime qu’une enquête indépendante est nécessaire, notamment après les déclarations du secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya, qui a rejeté toute implication de la Force du progrès dans ces événements lors d’un meeting tenu le 14 juin.

Tout en prenant acte de l’annonce du gouvernement relative à l’ouverture d’une enquête, l’ASADHO considère qu’une investigation conduite par les autorités ne garantirait ni l’impartialité ni la transparence requises pour établir les responsabilités.

Dans son analyse, l’organisation dénonce ce qu’elle présente comme un traitement différencié entre les manifestations de l’opposition et celles des groupes favorables au pouvoir. Elle rappelle notamment que des rassemblements organisés le 5 mai 2026 par des partis proches du pouvoir ainsi que la marche citoyenne des Églises de réveil du Congo (ERC) du 5 juin 2026 se sont déroulés à proximité du Palais du Peuple sans intervention comparable des forces de sécurité.

Face à cette situation, l’ASADHO appelle le président de la République à garantir l’exercice des libertés fondamentales sans discrimination et à faire diligenter une enquête indépendante accompagnée de poursuites contre les auteurs présumés des violations signalées.

L’organisation recommande également à la Première ministre de prendre en charge les victimes blessées et de veiller à ce que les personnes décédées bénéficient d’obsèques dignes.

Enfin, l’ASADHO invite la communauté internationale à envisager des sanctions ciblées contre les responsables qu’elle estime impliqués dans le rétrécissement de l’espace civique et démocratique en République démocratique du Congo.

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Lundi 15 juin 2026 - 14:39