Par Gloire Balolage
Une cargaison de 99 tonnes de cuivre a quitté Kisangani le samedi 25 avril à destination de Hong Kong, en Chine, marquant une étape significative dans les activités minières de la région. Selon les informations, ce minerai provient d’Okelenge, localité située dans le territoire de Lubutu, au nord de la province du Maniema. L’exploitation a été réalisée par la coopérative minière Komako, tandis que l’exportation a été assurée par la société Mumba Wetu.
Les autorités en charge du contrôle et de la certification ont indiqué que l’ensemble du processus s’était déroulé dans le respect des normes en vigueur.
Le directeur provincial du Centre d’Expertise, d’Évaluation et de Certification (CÉEC) dans la Tshopo, Mulaja Kabamba Francis, a expliqué auprès de nos confrères de actualité.cd que les minerais avaient fait l’objet d’un contrôle rigoureux, depuis leur sortie à Lubutu jusqu’à leur arrivée à Kisangani, garantissant ainsi leur traçabilité conformément aux exigences réglementaires. Il a également été précisé que le certificat d’exportation avait été signé conjointement avec la cheffe de division des mines et géologie de la Tshopo.
Cette opération est présentée comme une première dans la province de la Tshopo, où aucune exportation de cuivre de cette ampleur n’avait encore été enregistrée. Les sources indiquent que la province a dû patienter durant trois années avant de pouvoir délivrer son tout premier certificat d’exportation de cuivre. Jusqu’alors, seules les provinces du Haut-Katanga et du Lualaba disposaient de cette prérogative.
Pour parvenir à ce résultat, des équipes techniques venues du Haut-Katanga et de Kinshasa ont apporté leur expertise pendant une période de 30 jours. Elles ont encadré les agents locaux afin de garantir le bon déroulement de l’opération. Cette collaboration a été jugée déterminante pour assurer la conformité du processus et permettre à la Tshopo de franchir cette étape importante.
Au-delà de l’aspect technique, cette exportation est également perçue comme une opportunité économique pour les provinces concernées. Les acteurs impliqués estiment que tant le Maniema, d’où provient le minerai, que la Tshopo, point d’exportation, pourraient bénéficier des retombées de cette activité. Les perspectives évoquées laissent entrevoir des impacts positifs sur le développement local.
Dans cette optique, le directeur provincial du CÉEC/Tshopo a fait savoir que cette opération pourrait contribuer à transformer progressivement la ville de Kisangani. Il a laissé entendre que, dans un horizon de deux à trois ans, les effets de cette dynamique pourraient se traduire par une amélioration notable du tissu économique et urbain, avec l’ambition de faire de la ville un centre plus prospère et développé.
Le choix de la Tshopo pour l’exportation s’explique en grande partie par l’enclavement du territoire de Lubutu. Situé à plus de 400 kilomètres de Kindu, chef-lieu du Maniema, ce territoire dépend fortement de Kisangani, distante d’environ 240 kilomètres. Les informations indiquent que l’axe routier reliant Lubutu à Kindu est fortement dégradé, au point d’être assimilé à un simple sentier, rendant ainsi Kisangani plus accessible pour l’évacuation des minerais.